Les dauphins font l’amour par plaisir et non seulement pour se reproduire, le baiser amoureux est plus
rare chez nos amis les animaux, quoique non inexistant. Il arrive ainsi que deux animaux – même de races différentes ! –
s’embrassent.
Mais ils sont probablement plus attirés par les odeurs et
les saveurs acquises à l’extérieur qu’enivrés par le « sex-appeal » de leur « complice ». Et que ces coups de langue
participent plutôt d’une séance de toilette mutuelle.
Dans le cas de ces vieux pandas rouges, impossible de tirer les mêmes conclusions. Ils ont cessé tout rapport sexuel
et s’adonnent régulièrement à de longs baisers pouvant durer jusqu’à une heure ! Et que des longs
baisers sur les lèvres…Mais, globalement, le baiser langoureux tel qu’il existe chez l’homme fait figure d’exception au sein du royaume animal.
Le baiser public
Bien que les animaux soient nos amis, c’est surtout à l’homme, et à la femme aussi, bien sûr, que l’on
doit réfléchir. Les « amoureux qui se bécotent sur les bancs publics », en s’disant des « je t’aime » pathétiques,
sont une vision plutôt courante. Pourtant, il est des pays où, selon les us et coutumes, ou même en vertu des lois, le baiser en public est mal vu ou interdit….
Coutumes exotiques
A l’Ile Maurice, les jeunes issus de familles très puritaines ont souvent du mal à s’aventurer sur ce
sujet. Depuis la mondialisation et une certaine occidentalisation de l’île, les mauriciens plus ouverts à nos influences et ils ne seront pas outrés gênés… Mais voir un couple s’embrasser à
pleine bouche en public est aussi rare. Un long contact buccal risquerait tout de même de choquer bon nombre de Mauriciens – question de valeurs ?
Le bisou arabe au vu et au su de tous : à éviter
Un article publié sur
le site Agora Vox rapporte qu’à Dubaï, un émirat pourtant plutôt ouvert et où la population est arable et mais pas majoritairement, les autorités ont mis les points sur les « i » en
2010, en punissant d’une peine de prison un couple de Britanniques pour s’être embrassés furtivement sur la bouche dans un restaurant. Le journal « 20 minutes », en Suisse rappelle
qu’aux Emirats arabes unis, les couples non mariés n’ont pas le droit de vivre sous le même toit !
Un site d’information sur les Emirats arabes unis souligne plus
généralement l’irréalité des couples non mariés.
Dans les pays arabes où le vent révolutionnaire a soufflé, même lorsque cette pratique ne fait pas l’objet
d’une loi, elle n’est pas davantage admise. Pour prendre l’exemple de la Tunisie, certaines attitudes en public réprouvées par la morale
religieuse – tellement intégrée par la population – mériteraient un sévère retour de bâton.
Est-ce qu’ils auraient plus de bonheur Occident ?
Dans les pays occidentaux, on embrasse sans complexe, bouche ouverte, et devant tout le monde. Question : « Pensez-vous que les Allemands s’embrassent autant que les Français en public ? ». La réponse probable -mais il n’y a pas de réelles enquêtes spécifiques
– sera : « Non ! ». Pour nous Français, l’Américain est puritain. Les scènes érotiques sont bien plus courantes dans nos films d’art et d’essai que dans les productions
hollywoodiennes ! On ne peut toutefois pas en dire autant du baiser sur la bouche. A l’écran, les Américains s’embrassent sur la bouche autant que les Français. Ce qui amène cette question :
les couples français se bécotent-ils davantage en public que ceux d’autres nationalités ? En l’absence d’études spécifiques sur le sujet, voici quelques points de vue.
Le baiser est souvent perçu comme le symbole d’un amour romantique. Douce manière de marquer son affection et en
général, lorsqu’il est déposé sur les lèvres d’autrui, son amour pour cette personne. Ce cliché du romantisme nous colle à la peau. C’est vrai, nous ne faisons pas trop de « câlins »
(sous forme d’accolade chaleureuse) dans les mêmes situations que les Américains. Mais nous nous faisons la bise (une, deux, trois et même quatre selon les régions !)
Pourquoi sur la bouche?
Mais pourquoi les lèvres s’attirent-elles ? D’où vient cette tradition quasi universelle ? Est-ce un réflexe ou un
conditionnement social ? Une remarque en préambule : le baiser sur la bouche, lorsque celle-ci reste fermée, n’est pas forcément de caractère intime, comme nous le montre la tradition russe qui
semble se diluer de nos jours. Les forums sur le web de discussion, (par exemples) entre femmes abondent de questions et remarques en la matière, mais ils se contentent souvent d’insister sur le
caractère sensuel du baiser sur la bouche pour « cimenter » le couple.
Mais cela ne nous dit pas pourquoi, « à la base », nous nous
embrassons sur la bouche.
Au début des années 2000, le Dr Helen Fisher, anthropologue à l’Université Rutgers (New Jersey, aux USA)
s’est en particulier intéressée à l’aspect neuropsychologique du baiser sur la bouche. Elle explique que de nombreuses zones du cerveau s’activent lorsque la bouche et la langue sont stimulées.
En revanche, le cerveau réagit peu aux signaux envoyés dans le dos, par exemple. Les scientifiques ont enregistré des cas de personnes ayant été poignardées dans le dos sans même s’en rendre
compte.
Une théorie veut que le baiser, désigné par le terme « osculation » chez les
scientifiques, découle de la pratique des premières femmes, qui mâchaient les aliments pour leurs enfants, avant de les leur distribuer de bouche à bouche. Helen Fisher n’y adhère pas, estimant
que l’objectif premier du baiser sur la bouche est de choisir le bon partenaire.
Ce qui, selon l’anthropologue, est d’ailleurs vrai pour
certains animaux qui pratiquent une certaine forme de bouche-à-bouche : les oiseaux qui se picotent le bec, les éléphants qui enlacent leurs trompes et l’introduisent parfois dans la bouche de
leur partenaire ou encore les bonobos qui ont leur propre façon de se bécoter avec la langue.
En 2008, Susan M. Hughes, chercheuse en psychologie à l’Albright College de
Pennsylvanie, entourée d’un groupe de scientifiques, a mené une étude sur ce sujet. Son équipe a réalisé des entretiens détaillés auprès d’un millier d’étudiants pour tenter d’éclaircir les
mystères du contact labial. Il convient de noter que cette étude s’appuie sur des éléments déclaratifs et non une méthode expérimentale.
Trois hypothèses
Les chercheurs ont formulé trois hypothèses:
- Embrasser son partenaire sur la bouche, sentir son haleine, sa salive, est un moyen de le tester, de collecter des informations (chimiques et biologiques) à son sujet;
- Le baiser sur la bouche permet d’établir un lien fort
- S’embrasser sur la bouche a pour fonction d’amener l’état d’excitation sexuelle précédant un rapport.
Ces hypothèses se sont toutes vérifiées, avec ces quelques compléments d’informations. Les
femmes seraient plus sensibles que les hommes au goût et à l’odeur de la personne qu’elles embrassent. Susan M. Hughes l’assure : « Les femmes se servent clairement du baiser pour jauger leur compagnon.
S’il les embrasse mal, elles refuseront de faire l’amour.
Car le baiser est riche en informations.» Contrairement aux femmes, les hommes ont dit apprécier davantage les baisers appuyés, avec un
important échange de salive, ce qui a surpris les chercheurs.
90% de l’humanité
Dans l’immense majorité des cultures, on s’embrasse sur la bouche… Certains peuples se
soufflent à la figure ou se frottent le nez ou les joues pour remplir la même fonction. « La Massaï blanche » nous apprend que, chez
les Massaïs, par exemple, « l’acte d’amour (...) est d’une brièveté déconcertante sans caresses ni baisers; d’ailleurs, ils n’embrassent pas, la
bouche servant uniquement à manger. Les cheveux et le visage sont également tabous ».
Peut-on dire que c’est généralement naturel ou, tout du moins, « généralement socialement naturel » ? Au même titre qu’il serait « socialement naturel »,
pour une immense majorité d’hommes et de femmes, de se vêtir ? La comparaison est audacieuse car le baiser est un comportement de l’humain, quelque chose qui lui appartient pour ainsi dire,
intrinsèquement, tandis que le vêtement est un objet extérieur que l’homme s’est approprié pour différentes raisons.
Dans cette perspective, on peut dire que le
baiser est un langage corporel. Et le fait que 90% des humains s’embrassent sur la bouche n’est pas incompatible avec son éventuel caractère « culturel ».
Puisque les gestes de l’homme varient d’un
continent à l’autre et, plus proche encore, d’un pays à l’autre. (Nous, Européens, pouvons prendre le dodelinement de tête des Indiens pour un « non » ou un « oui, mais bof »…
Dans l’Antiquité déjà, les hommes et les femmes s’embrassaient sur la bouche (pour rappel,
Helen Fisher évoque une possible origine préhistorique, mais à laquelle elle ne croit pas). Autant dire que cette pratique ne date pas d’hier… Nous voilà un peu plus avancés sur le contact
labio-lingual concernant la gent humaine. Par ailleurs, à défaut d’être des théoriciens de la question, les français semblent être de réguliers praticiens du baiser sur la bouche avec la
langue.
Mieux encore, ils en sont peut-être les inventeurs !
Ce n’est sûrement pas par hasard qu’on l’appelle…
§§§§§ Le « French Kiss »
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