Souvent, il nous arrive de considérer nos émotions comme des obstacles, des erreurs ou des faiblesses. Nous cherchons alors à les contrôler et à les empêcher de se manifester. Par exemple, au moment où je m'adresse à la personne qui m'intéresse le plus, je me sens nerveux et tendu. Bien sûr, je considère que c'est le pire moment pour être nerveux ! Je voudrais être à mon meilleur pour l'impressionner, mais au lieu de ça je rougis, je bafouille et je perds mes idées. Aux nuances près quand même…
Pourquoi avons-nous des émotions ?
Essentiellement, toutes nos réactions émotives sont là pour nous aider à nous
adapter à chaque situation de notre vie. Elles servent à nous permettre de tirer le plus de satisfaction possible de chaque moment et d'éviter les obstacles et les dangers qui se trouvent sur
notre chemin. C'est un peu comme un GPS très sophistiqué qui nous amène à notre principale destination : la satisfaction de nos besoins. On
s'émerveille parfois devant le système de sonar dont se servent les dauphins pour se guider. Avec notre système émotif, nous n'avons rien à leur envier, bien au contraire !
Par exemple, la peur déclenche des réactions physiques qui
nous aident à faire face au danger plus efficacement. Notre vision devient plus précise, nos réflexes plus vifs, nos muscles plus forts et nous sommes moins sensibles à la douleur. Nous avons
alors tout ce qu'il faut pour mieux réagir au danger en combattant ou en fuyant efficacement. Et, s’il vous plait, ne condamnez jamais « la fuite » qui est une posture dont peut avoir
le besoin comme je le disais un peu plus haut. Et sans vouloir être morbide, les personnes qui ont des problèmes dorment mal, paniquées et consultent assidûment un psychothérapeute peuvent
mettre, sans effroi, leur propre « mise à mort ».
On voit souvent, dans de telles
situations, des personnes qui accomplissent des choses dont elles seraient normalement incapables. Les athlètes en sont bien conscients et ils tentent de s'en servir pour atteindre des
performances supérieures, en mettant cette intensité au service de leurs objectifs.
En fait, nos émotions sont la partie la plus importante de notre
système de guidage : elles fournissent l'information nécessaire et les indices pour la rendre utilisable. En effet, nos sentiments et nos émotions nous informent continuellement sur la situation
dans laquelle nous sommes et sur notre état intérieur. Plus précisément, cette vie émotive nous renseigne sur l'effet des événements et de nos propres actions sur notre équilibre
intérieur.
À chaque moment, mes
réactions émotives m'indiquent dans quelle mesure mes besoins sont satisfaits ou insatisfaits Elles me montrent jusqu'à quel point la situation ou les événements me conviennent vraiment. Ou
franchement pas du tout.
Pourtant, lorsque nous pensons à nos émotions, il arrive souvent que nous soyons moins clairvoyants. Nous serons portés à considérer notre tristesse non pas comme un signe important à considérer,
mais comme une faiblesse totalement inacceptable. De même, nous traitons souvent notre colère comme un manque de maîtrise et non comme une énergie utile pour vaincre un obstacle
sérieux.
Parfois, il nous arrive d'accuser les autres d'avoir des réactions émotives excessives. Mais là encore, il est facile de déceler le motif de cette
évaluation : nous considérons la réaction de l'autre comme trop forte ou trop émotive lorsqu'elle dérange notre démarche, lorsqu'elle nuit à l'atteinte de nos objectifs. Personne n'accuse un
autre de l'aimer trop fort à moins d'être en train de chercher à s'éloigner de cette personne. Ce n'est pas sa recherche de satisfaction que nous dénonçons alors, c'est la difficulté
supplémentaire qui en résulte pour une séparation.
Des messages précis
Les deux exemples ci-dessus illustrent un aspect supplémentaire important: chaque émotion ou sentiment nous donne un message précis à propos de notre équilibre
intérieur. Ainsi, la colère nous indique que notre organisme a décelé la présence d'un obstacle. De même, la tristesse est présente lorsque nous subissons une perte ou lorsque nous souffrons d'un
manque. La liste des exemples serait longue, car chaque sentiment est porteur d'un message particulier.
Heureusement, il n'est pas nécessaire de nous
promener avec un manuel de traduction pour connaître le sens particulier de chacun, il suffit d'y être soigneusement attentif et de le ressentir complètement. Si je suis réceptif et curieux
devant les sentiments et les émotions qui apparaissent dans mon monde intérieur, il est assez facile d'en comprendre les messages.
Mais par contre, si je m'objecte et si je considère ces réactions
comme peu appropriées, cela ne les empêchera pas d'exister, mais leur signification ne pourra devenir claire. En fait, mes sentiments commenceront alors à prendre des formes différentes qui
refléteront non seulement le déséquilibre initial, mais également les déséquilibres supplémentaires qui apparaîtront à partir du moment où je repousserai mon sentiment. Si je la repousse…ce
qui n’est pas général à chacun ! Je ne sais pas ce qu’il adviendra.
Et c'est le début des complications! Les frustrations s'accumulent et les
sentiments deviennent plus intenses, tellement que j'en viens facilement à les considérer comme disproportionnés. Mon émotion reflète alors non seulement ma réaction à l'événement particulier à
l'occasion duquel elle se manifeste, mais également ma frustration accumulée dans plusieurs autres situations analogues. Ma réaction est trop forte pour la situation dégradée, mais elle est
exactement de l’intensité pour s'adresser à l'ensemble des situations. Et c'est justement ce que je fais maintenant : je réagis à toutes ces situations à la fois. C'est la deuxième marche, plus
glissante que la première, celle où j'accumule les frustrations. Il puis, j’attaquerai le dernière très courte – ça dépend du « mode opératoire » choisie -.
L'exemple le plus fréquent de cette
accumulation, c'est celui où on a l'impression d'être comme une bombe. Par exemple, on n'en peut plus de se laisser mener par le bout du nez, on s'en veut d'être incapable de dire non, on en a
marre de se laisser traiter comme si on n'était rien. C'est alors comme une impossibilité physique: plus rien ne passe, on est tout simplement incapable d'accepter une frustration supplémentaire.
La coupe est pleine, comme on dit !
Mais encore là, tant que mes émotions demeurent vivantes, tout n'est pas perdu. Je considère peut-être que mes réactions sont exagérées, mais elles continuent à m'indiquer le chemin à suivre. Il
est encore assez facile de les écouter et d'en tenir compte; il suffit que je le décide. Ça prend un peu de courage pour faire face à la question qu'on évite depuis un certain temps, mais c'est
encore relativement facile .
C'est l'étape dangereuse : celle où je parviens à étouffer mes émotions, à les empêcher de ressortir de temps à autre.
A bientôt pour la deuxième partie !
En attendant puis-je bénéficier soit de vos observations, soit de vos compliments, soit de vos critiques...

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