Economie


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Et si les gangsters de l’économie criminelle profitaient de la crise pour s’infiltrer dans l’économie légales? Les services de renseignement français sont inquiets: les cours en bourse de nombreuses sociétés financières et/ou porteuses de technologie sont tombés si bas que certaines grandes sociétés envisagent de sortir de la cote.

Les cours sont même si anormalement bas que les acteurs de l’économie criminelle pourraient être tentés d’entrer en force sur le marché. En particulier par le biais des fonds d’investissements et des « hedge funds » spéculatifs, qui, pris à la gorge, soldent leurs avoirs à tout va.

On avait eu des suspicions à ce propos après les attentats du 11 septembre 2001 à New-York. Cette hantise revient en force avec la crise qui ravage les économies mondiales depuis la fin de l’été.

C’est une crise dans le capitalisme, souligne le publiciste Guy Sorman, lors d’une réunion privée organisée par l’Association des auditeurs de l’INHES hier soir, mardi 25 novembre.

Ce n’est pas une crise du capitalisme. La croissance continue de l’économie depuis 1991 ne peut faire l’économie de crises régulières. L’innovation est le moteur de cette croissance, mais on ne peut prévoir le succès de toutes les innovations. Quand on se trompe sur certaines d’entre elles, c’est la crise. Soit parce que personne n’en veut, soit parce que tout le monde en veut.


Tel est le cas ce cette extravagante innovation qu’ont représenté les produits dérivés à très haute profitabilité apparente, destinés à satisfaire les besoins des fonds de pension, donc à accroître au mieux les retraites par capitalisation. Pur produit spéculatif, mélange de produits financiers solides, et d’autres qui ne reposaient sur rien, il était logique que l’édifice s’effondre.


De nouveaux intervenants assez mal venus, les détenteurs de capitaux sales

Le Figaro du 21 novembre relève ainsi que le cours du Crédit Agricole SA, a terminé à 7 euros, bien en dessous du prix de l’augmentation de capital de 5,9 milliards d’euros réalisée en juin.


Une véritable descente aux enfers pour la banque dont la capitalisation a cédé près de 60% depuis janvier.

Une descente dépassée par la banque Natixis qui a cédé encore 2,9% le 20 novembre, à 1,34 euro. Cette inquiétude quant au devenir des sociétés cotées en bourse a dominé une réunion du Club des Directeurs de Sécurité d’entreprise, tenue ce matin à Paris.


Car, avec la crise et l’effondrement des cours de bourse, on voit apparaître de nouveaux intervenants pour le moins mal venus, les détenteurs de capitaux sales, de l’argent en voie de blanchiment, qui contrôlent des centaines de milliards de dollars. Beaucoup plus que les grands fonds souverains mis en place par les pays pétroliers. Et a fortiori que notre « fonds souverain » français qui ne devrait pas excéder 30 milliards d’euros!


Certains experts, comme le préfet Pierre Monzani, le directeur de l’INHES, n’hésitent pas à affirmer que « nous ne sommes pas à la hauteur de cette menace de mainmise par le monde criminel ». Sans reculer devant la provocation, le criminologue et conseiller de notre Omni Président Sarkozy, Alain Bauer, expert reconnu et très écouté, croit même pouvoir affirmer: « J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Il y a au moins une entreprise qui marche bien, c’est l’entreprise criminelle, la première société mondialisée, parfaitement gérée. Elle est devenue un Etat dans les Etats, ses patrons ne sont plus de sombres gangsters d’opérette, mais des fils de famille -mafieux- passés par les grandes universités américaines. »


Une professionnalisation des mafias

Nous assistons à une extraordinaires professionnalisation des mafias, des groupes criminels. Italiens et Siciliens, Colombiens, Yakuzas japonais. Ils ne s’embarrassent pas de morale, ils ne respectent pas la loi, ils offrent une réponse pragmatique dans la gestion de la crise.

Face à cette situation pour le moins inquiétante, il n’y a donc pas lieu d’être surpris d’entendre René Bailli, Directeur central adjoint de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur), chargé du service de la protection du patrimoine, lancer un appel pressant aux entreprises pour qu’elles participent à la “coproduction de la sécurité” notamment des capitaux.


En clair, si les entreprises veulent bénéficier de la protection offerte avec insistance par les services de renseignement français, DCRI, DGSE (renseignement extérieur), SCTIP (coopération internationale des services de police), elles doivent accepter de collaborer, de signaler toutes les anomalies, tous les incidents, toutes les tentatives menées par les prédateurs. Et avant tout pour veiller sur le rôle des fonds d’investissement, contrôler les flux, en particulier lors des « restructurations » (lisez rachat après faillite) des capitaux nécessaires pour renflouer les victimes de la crise.


Où l’on s’aperçoit que les problèmes de sécurité ont changé de dimension: la sécurité dans les banlieues, les affaires de Villiers-le-Bel et autres, deviennent dérisoires à côté de la casse industrielle et de l’insécurité économique générée par la crise.






Ecrire un commentaire - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /Déc /2008 08:45
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