Le point G existe, il a été disséqué…
Spectaculaire, le travail a été réalisé par Adam Ostrzenski, un anatomiste travaillant en Floride, à l’Institut
de gynécologie de Saint Petersburg.
Ses conclusions détaillées sont depuis peu disponibles sur le site de The Journal of Sexual
Medicine. Objet de bien des passions depuis des siècles, étroitement pisté depuis soixante ans le point G, terrain de violentes discordes, aurait donc une existence incontestable
anatomique !
Adam Ostrzenski a mené, seul, ses investigations sur
le cadavre frais d’une femme âgée de 83 ans décédée la veille d’un traumatisme crânien. Il est parvenu à pratiquer une dissection stratum par stratum, de la paroi
antérieure du vagin. Sa description anatomique est très précise: une structure en sac nettement délimitée, située sur la face dorsale de la membrane périnéale, longue de 8,1 mm,
large de 3,6 mm et haute de 0,4 mm. Lorsqu’on la déplie, elle s’étend sur 33 mm2. Cette structure est selon lui située précisément à 16,5 mm de la partie supérieure du méat urétral, faisant
un angle de 35° avec le bord latéral de l’urètre. Les parois de ce sac sont constituées d’un tissu fibro-conjonctif.
Comment l’anatomiste de Floride est-il parvenu à cette conclusion ?
En disséquant de manière différente des procédures gynécologiques habituelles. « Cette
structure a été facile à observer et apparaît bien délimitée », assure-t-il. Cette observation (apparemment sans précédent) indique encore la présence des glandes de
Skene péri-urétrales et de conduits de Skene para-urétraux, situés entre la partie inférieure de l’urètre et la partie supérieure du vagin. « Il paraît raisonnable d’accepter la
notion que les femmes sont équipées anatomiquement d’un point G, situé sur la paroi antérieure du vagin et qui est sensible à la stimulation », postule le spécialiste. Il postule
aussi que les résultats de son étude pourraient avoir un impact significatif sur la pratique et la recherche en gynécologie sexologique.
Pour rester à l’histoire récente, c’est en 1950 qu’Ernst Gräfenberg (1889-1957) avait ouvert cette
piste en publiant ses travaux sur « le rôle de l’urètre dans l’orgasme féminin ». Le point G (comme Gräfenberg) était né. L’absence d’identification d’une structure anatomique précise
avait été à l’origine de longues controverses durant des décennies. Certains évoquaient ici le rôle d’une certaine autosuggestion féminine.
Ces derniers temps, toutefois, les données scientifiques en faveur de la présence physique du point G s’étaient accumulées. On avait même cru isoler un gène en relation avec lui.
Le Quotidien du Médecin rappelle quant à lui que l’enregistrement des activités électriques du
vagin (électrovaginogramme) avait « documenté l’existence d’un pacemaker dans la paroi antérieure du vagin » d’où se propageraient des ondes électriques. Puis plus récemment
cette existence avait été contestée de nouveau. Un ouvrage spécialisé de Jean-Marc Proust soulignait - il y a peu dans – un article consacré à l’apprentissage du plaisir (féminin) - que
plus qu’un simple « point », il fallait songer à un ensemble formé par le plafond du vagin intérieur (près de l’entrée), le clitoris et l’éponge para-urétrale. En ce sens mieux vaudrait
parler « d’une zone 3P (ou zone 3G) » d’une «unité clito-urétro-vaginale ».
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