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Cupidité et avarice sont des termes pratiquement équivalents. Tous deux
signifient un désir immodéré des richesses ou de l'argent. Cependant, le terme cupidité porte en lui-même une insistance plus marquée sur le désir, c'est-à-dire sur l'aspect formel de l'avarice,
qui est essentiellement un désordre pathologique.
Par ailleurs, la cupidité a
une extension plus large que l'avarice, car l'avarice concerne un vice personnel par rapport à l'usage de l'argent, tandis que la cupidité embrasse, avec celle des individus la soif immodérée des
richesses, qui peut se concrétiser dans des sociétés qui exploitent de toutes sortes de manières la confiance populaire.
La cupidité : son objet
La cupidité a pour objet toutes les richesses, c'est-à-dire tous les biens extérieurs utiles à la
conservation de la vie, au bien-être et à l'épanouissement humain complet des personnes et des familles qui composent la société. Ces richesses sont donc bonnes en elles-mêmes; leur usage
raisonnable en fait même un élément important du bonheur humain temporel.
L'extrême pauvreté, l'expérience le prouve, engendre habituellement de déplorables désordres. Voilà pourquoi il y a un désir naturel des richesses qui ne comporte en lui-même rien de
désordonné; ce désir naturel agit comme un stimulant intérieur qui pousse à se procurer, de manière raisonnable, tout ce qui est nécessaire à notre subsistance et utile à notre perfectionnement
humain.
Le caractère ambigu des richesses
Biens ambigus, les richesses le sont, puisque suivant l'usage que nous en faisons,
elles peuvent être ou instruments d'amour ou instruments de haine, ou instruments de liberté ou instruments d'esclavage, ou instruments de service ou instruments de domination, ou instruments de
paix ou instruments de guerre. Les richesses, étant des biens d'échange, fondent une foule de relations entre les personnes, les sociétés, les nations. Elles peuvent aussi bien soulager la misère
que l'augmenter et même la causer.
Dans le système économique primitif, les richesses étaient échangées par le troc; il y avait alors l'échange
direct d'un bien contre un autre. Les échanges de biens avaient, dans cette économie, un caractère à la fois beaucoup plus personnel et objectif. Les hommes cupides pouvaient frauder sur la
qualité et la quantité de leurs produits mais sur une échelle moindre et avec beaucoup moins de facilité que dans un système où l'argent, de plus en plus impersonnel, constitue le moyen
d'échange universel.
En
raison de l'évolution de la société et de la complication des rapports sociaux qui s'en est suivie, les richesses se sont monétisées. De sorte qu'avec de l'argent, "propre ou sale", il est
maintenant possible de tout acheter : biens, services et même malheureusement des personnes considérées comme des objets. Avec l'argent, on peut se procurer tout ce dont on a besoin en fait de
logement, vêtement, nourriture, soins de santé, services éducatifs et culturels, et même satisfaire à tous ses caprices en fait de plaisirs.
À la mesure de sa fortune, on peut surtout posséder un véritable pouvoir sur autrui.
En raison du pouvoir qu'il donne, l'argent devient symbole de puissance universelle. Élevé en signe extérieur de pouvoir sur les individus et les peuples, l'argent en vient à exercer une incroyable séduction sur les esprits. D'où la tentation, personnelle et sociale, d'accumuler le plus d'argent possible pour être plus puissant, pour étendre son influence et sa domination. Dans cette optique, l'argent s'affirme comme un dieu tout-puissant, devant qui plient les genoux de ses adorateurs, qui eux-mêmes cherchent à se faire adorer, c'est-à-dire à mettre leur puissance matérielle au-dessus de tous les droits et de toutes les libertés. Il est donc clair que les richesses transformées en argent sont des biens ambigus. Euphémisme !
Le rôle de l'argent
Nécessaire, dans certaines limites, au bonheur humain temporel, "l'argent, comme dit le proverbe, ne fait pas le bonheur mais y contribue". L'argent est aussi au service des hommes, au
service de tous les hommes et de leurs besoins.
Or, l'argent, convertisseur universel des richesses, cesse de contribuer au bonheur personnel et social, lorsqu'il devient une fin en soi, lorsqu'il s'affirme comme source de pouvoir indépendante de toute règle morale, lorsqu'entre les mains d'êtres et d'organisations cupides et sans cœur, il tend à se soumettre l'immense majorité des hommes. Alors, mieux vaut être pauvre et libre que de se soumettre au pouvoir tyrannique de cet argent trompeur. C'est ce qu'avaient compris de leur temps certains philosophes et poètes comme Sénèque, Cicéron et Virgile.
Ce qui, à notre époque, frappe tout d'abord le regard, ce n'est pas seulement la concentration des richesses, mais encore l'accumulation d'une énorme puissance, d'un pouvoir économique discrétionnaire, aux mains d'un petit nombre d'hommes qui d'ordinaire, ne sont pas les propriétaires, mais les simples dépositaires et gérants du capital qu'ils administrent a leur gré.
Ce pouvoir est surtout considérable chez ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l'argent, gouvernent le crédit et le dispensent selon leur bon plaisir ». Par
là, ils distribuent en quelque sorte le sang à l'organisme économique dont ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que sans leur consentement nul ne peut plus respirer.
Cette concentration du pouvoir et des ressources, qui est comme le trait distinctif de l'économie contemporaine, est le fruit naturel d'une concurrence dont la liberté ne connaît pas de limites; ceux-là seuls restent debout, qui sont les plus forts, ce qui souvent revient à dire, qui luttent avec le plus de violence, qui sont le moins gênés par les scrupules de conscience.
À son tour, cette accumulation de forces et de ressources amène à lutter pour s'emparer de la puissance, et
ceci de trois façons : on combat d'abord pour la maîtrise économique.
On se dispute ensuite le pouvoir politique, dont on exploitera les ressources et la puissance dans la lutte économique ; le conflit se porte enfin sur le terrain international, soit que les divers États mettent leurs forces et leur puissance politique au service des intérêts économiques de leurs ressortissants, soit qu'ils se prévalent de leurs forces et de leur puissance économiques pour trancher leurs différends politiques.
L'avarice, une maladie de l'âme
Les désirs charnels sont, dans un certain sens, moins dangereux que le désir de l'argent, car les désirs charnels s'apaisent par leur satisfaction et leur excès engendre le dégoût, tandis que le désir immodéré de l'argent, lorsqu'il ronge et domine le cœur, ne connaît pas de limite et est insatiable.
À la question posée si l'avarice est un vice incurable, Saint Thomas d'Aquin répond que "l'avarice n'est pas un vice incurable en lui-même, mais qu'il l'est relativement, par suite des faiblesses de la nature humaine qui vont toujours croissant.
Car plus un individu est faible, plus il a besoin du secours des choses extérieures, et c'est pour cela qu'il est plus porté à l'avarice. Par conséquent, ce qu'il y a d'irrémédiable dans ce vice ne prouve pas qu'il soit le plus grave, mais qu'il soit d'une certaine façon le plus dangereux. Ce qui rend aussi ce vice dangereux, c'est qu'on se fait illusion facilement à son sujet. On trouve tant de prétextes pour l'excuser qu'on peut en être atteint sans le savoir".
Les vertus que détruit l'avarice
Aristote dit très justement que l'avarice s'oppose à la libéralité, qui est la vertu morale naturelle qui
règle, conformément à la raison, l'usage des richesses. En tant que vertu régulatrice de l'usage des richesses, la libéralité dispose à acquérir et à conserver raisonnablement les biens
extérieurs, de manière à s'en départir aisément pour subvenir à ses justes besoins et à ceux de sa famille. L'acte le plus important de la vertu de libéralité est de donner partie de ses biens, dans une juste mesure, pour satisfaire d'abord à ses propres besoins et contribuer aussi
au bien commun de la société.
L'avare pèche contre la vertu de libéralité par son appétit effréné du gain, par le désir qui
le brûle d'accumuler le plus de richesses possible, et de les conserver bien au-delà de ses besoins et des exigences de sa condition sociale. L'avare veut recevoir le plus possible et il éprouve
une grande répugnance à donner de ses biens, même parfois pour acheter ce dont il aurait besoin. Sa passion de l'argent le rend capable de s'imposer à lui-même et d'imposer à sa famille de dures
privations pour ne pas diminuer son patrimoine.
Est-il possible d'être attaché excessivement à l'argent, sans être injuste? Oui. Est-ce qu'être avare
signifie nécessairement être injuste? Non. Quelqu'un peut être avare sans être injuste, si son vice ne le pousse pas à employer des moyens malhonnêtes pour amasser de l'argent et le conserver.
Hélas, c'est le contraire qui se produit le plus souvent. La passion de l'argent fait habituellement sauter tous les interdits, toutes les règles morales. La cupidité est le chemin par excellence
des pires injustices. C'est elle qui inspire toutes les formes imaginables de fraudes, de vols, et d'abus de confiance, et cela dans tous les secteurs de l'activité humaine. La soif insatiable de
l'argent, non seulement chez les requins de la finance mais aussi chez tous ceux qui sont atteints de cette maladie morale, ne connaît dans la pratique d'autre loi que la fourberie et l'habilité
pour s'emparer du bien d'autrui ou le retenir. Les profiteurs au cœur ténébreux et insensibles à la souffrance de leurs victimes sont un véritable fléau.
Si l'avarice ne comporte pas nécessairement de faute contre la justice, par ailleurs, elle porte toujours atteinte à son prochain. L'avarice ou cupidité tue dans l'âme toute compassion, car son mouvement propre est de conserver ses biens, et tout au plus de les dépenser exclusivement pour soi, plutôt que d'en faire part aux nécessiteux sociaux.
Les symptômes de la maladie de l'avarice
L'avarice est une maladie de l'âme. D'où la nécessité de déceler les symptômes de cette maladie très dangereuse parce qu'insidieuse et portée à se voiler sous des dehors très raisonnables de sécurité, d'avancement social, d'amélioration de sa qualité de vie, de prospérité économique et même d'une certaine générosité. Car l'avare, celui qui manie des sommes colossales, aime à être considéré comme un philanthrope : les largesses auxquelles il consent justifient sa soif de posséder davantage, son insatiable cupidité. C'est ainsi qu'il arrive que l'avarice puisse s'accompagner de prodigalité.
Comme l'avarice est une maladie, l'avare pense constamment à l'argent et aux richesses : sa pensée est
naturellement tournée vers l'argent. Les désirs qui naissent de sa pensée ainsi orientée l'obsèdent. C'est un obsédé de l'argent et des biens matériels.
L'argent fait l'objet de ses plus hautes préoccupations : il est surtout
anxieux de faire profiter sa fortune. La perspective d'une perte ou de certaines dépenses à faire l'attriste, et même l'irrite. Son désir de gagner toujours plus d'argent dicte son comportement.
L'argent a une telle place dans sa pensée et dans son cœur que cela occasionne d'incessants conflits avec son entourage : sa famille, ses proches, ses compétiteurs dans les affaires. Comme
l'illustre "l'Avare" de Molière, il ne veut pas faire les dépenses qui seraient nécessaires au bien-être de sa famille. Il cherche tous les moyens pour éviter de payer sa quote-part de
taxes et d'impôts, qui serait sa juste contribution au bien commun de la société. Tels sont les principaux symptômes de la triste maladie de l'avarice.
Les filles de l'avarice
Les sept « filles » qui naissent de l'avarice sont : la trahison, la fraude, la tromperie, le parjure, l'inquiétude, la violence, la dureté de cœur ou l’insensibilité à l'égard des misères de la société moderne contemporaine.
Comment naissent de l'avarice ces différents vices ?
1 - Elle tient trop à conserver les biens qu'elle possède, et il en résulte qu'elle rend insensible à la misère d'autrui, parce que le cœur n'est pas adouci par la compassion et excité à user de ses richesses pour venir au secours des autres.
2 - L'avarice tient trop à acquérir des biens. Sous ce rapport, on peut la considérer de deux manières. D'abord, d'après ce qu'elle est dans l'affection. À cet égard, elle produit l'inquiétude, parce que l'homme se donne des soucis et des soins superflus; car l'avare n'est jamais rassasié. Ensuite, on peut la considérer effectivement. Pour avoir le bien d'autrui, tantôt elle emploie la force, ce qui appartient à la violence, tantôt le dol, (la douleur) ce qui prend le nom de tromperie, quand il se pratique par parole simplement. Mais si le dol se commet par des actes, il y a fraude relativement aux choses, et il y a trahison relativement aux personnes.
La dépendance de l'argent - avec le désir du pouvoir qui l'accompagne - ferme donc le cœur à la compassion, le durcit, le rend inhumain. Il
n'a pas d'expressions assez fortes pour dénoncer cette inhumanité. La dépendance de l'argent remplit l'âme d'inquiétude. Elle inspire la violence, car pour s'emparer des biens d'autrui, on est
prêt à éliminer ses légitimes possesseurs, et même à lancer de vastes opérations de guerre, si les richesses convoitées en valent la peine. Il faudra, bien entendu, cacher ses véritables
intentions sous les nobles prétextes d'un combat nécessaire pour la liberté, pour la démocratie, pour le progrès de la civilisation.
La soif exécrable de l'argent et du pouvoir utilise, sans sourciller, avec le sourire même, le mensonge, la fraude à petite et grande échelle,
comme dans certains scandales boursiers et cette soif démoniaque ne recule devant aucune trahison.
Les remèdes à l'avarice : La Réflexion
Avec les moyens surnaturels, qui sont absolument indispensables pour guérir de l'avarice, il faut recourir aux moyens naturels à notre portée dont le premier et le plus nécessaire est la réflexion. Il faut réfléchir sur la condition des avares, qui s'accrochent sans cesse à une illusion de bonheur : une illusion, car le bonheur qu'ils cherchent dans les richesses s'éloignera toujours de plus en plus d'eux, à la mesure que grandira leur désir de l'argent. La passion de l'argent qui dévore l’humanisme est en effet insatiable. L'avare ne peut pas être vraiment heureux. Il se fatigue, s'impose mille privations sans même pouvoir jouir de sa fortune. Il vit dans une inquiétude perpétuelle de perdre ce qu'il a amassé. Il se rend odieux à tout le monde, néanmoins le pouvoir que lui confère son argent, car ce pouvoir est détestable, en tout cas il n'est jamais "juste".
Je ne pense pas être Cupide, encore moins avare... Toutefois, fidèle abonné à un journal économique, je reçois régulièrement un supplément luxe… Alors cette année pour la fête des mères j’ai longuement hésité entre deux superbes montres trouvées page 32, l’une signée Boucheron ne coutait que 100 000 Euros quand celle signée Bulgari coutait 126 500 Euros… Rien n’est trop cher pour mon Amour me disais-je…
Je décidais toutefois de lui offrir un livre de poche d’un auteur que j’apprécie particulièrement… Elle le sait bien que je l'Aime.
Je dois finalement être un peu Avare !
Mais Cupide, oh cupide ? Pour la fête des père j’accepte volontiers une montre en retour de celle que je n’ai pas offert… je laisse négligemment trainer ce même magazine, ouvert page 7 - vous savez la page avec cette montre Richard Mille RM018, à partir de 550 000 Euros – oui je la trouve laide c’est vrai mais à ce prix là, quand même, ma femme pourrait ainsi me démontrer tout son Amour ! Finalement je lui indique que ma préféré n’est pas celle-ci, mais bel et bienla Piaget Altiplano , magnifique ! Et pour seulement 10 900 Euros !! Soit une économie nette de 540 000 Euros !!!
Mon argument n’a pas suffit - elle m’a offert un livre d’un auteur qu’elle apprécie …Avarice, manque d'Amour ? Je me perds en conjectures.
Cupide vraiment pas et Avare non plus, je le saurais !
Bon je vous laisse j’ai une pétanque à finir – avec les dernières boules griffées Louis Vuitton à 1300 Euros les 3 triplettes – ensuite j’irai me relaxer dans ma Chilienne signée Hermès à 2200 Euros…
Amitié
Et comme disait Brassens : " il est des jours où Cupidon s'en fout"