Droits réservés ©


Du réchauffement de la Planète

 

"Real Climate" s’en est pris au duo français Allègre-Courtillot. Comme promis, le chercheur américain nous revient avec de nouvelles informations, qui cible cette fois plus particulièrement Vincent Courtillot, le directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris, qui réfute le rôle prépondérant des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique.

Pierre Humbert n’y va pas avec le dos de la cuiller. Dans un préambule intitulé « C’est de la physique, idiot ! », il rappelle que le rôle réchauffant du gaz carbonique est connu depuis la fin du 19e siècle (Arrhenius, 1896), et très documenté en laboratoire depuis.

En bref, on ne déduit pas d’explication sur la capacité de la molécule de gaz carbonique (et de bien d’autres) à absorber le rayonnement solaire des résultats des modèles climatiques, comme voudraient le faire croire de nombreux « sceptiques » du réchauffement d’origine humaine. On dessine des modèles climatiques à l’aide des lois connues - et démontrées - de la physique, et parmi elles les équations qui montrent que le gaz carbonique, comme le méthane, l’eau et bien d’autres, adorent le rayonnement du soleil.

Pierre Humbert écrit notamment que le rôle « important» des fluctuations du champ magnétique dans le réchauffement vanté par Courtillot repose sur un « vide intellectuel ». Il accuse le scientifique de s’appuyer sur des « corrélations bidons ». Le choix des intertitres démontre toute l’amitié scientifique porté à Courtillot, comme par exemple « Variabilité solaire et climat : du bon, de la brute, et du truand » ou «…et maintenant pour la partie de vrai truand ». Le physicien américain accuse même Vincent Courtillot de manipulation de données. L’ambiance règne au royaume de la géophysique… !

« Quel sera le phénomène qui dans ces conditions et à cette échéance empêchera la température de monter ou la fera même descendre comme vous le suggérez, mystère. « MiniTAX, blogueur acharné, avec toute sa science et sa pédagogie, n’a pas réussi à me le faire comprendre.»

Il n’y a pourtant pas grand chose à comprendre. Il suffit de régler un modèle pour qu’il simule un refroidissement avec une hausse de GES (Gaz à Effet de Serre) et voilà. Comme par exemple ce qu’on trouve dans la publication de cette équipe allemande dans le magazine Nature (si vous ne trouvez pas cette nouvelle dans nos médias franchouillards, c’est normal: la science par consensus ne saurait souffrir de découvertes contrariantes) :


« Le réchauffement du globe pourrait être compensé par les températures des océans qui devraient rester fraîches pendant au moins dix ans, avec même peut-être des températures un peu plus froides en Europe et en Amérique du Nord, estime une étude à paraître jeudi dans la revue « Nature ». L’Atlantique Nord se rafraîchit, l’océan Pacifique maintient sa température aux Tropiques, et la circulation des courants marins s’affaiblit, apportant moins de chaleur dans l’hémisphère Nord, expliquent les chercheurs de l’Institut Max Planck à Hambourg et de l’Institut Leibniz des sciences marines à Kiel (Allemagne). Cette évolution, qui devrait perdurer au cours de la décennie à venir, « laisse penser que les températures planétaires ne devraient pas augmenter au cours des dix prochaines années ».

C’est drôle la confusion que des travaux scientifiques peuvent apporter dans les esprits. Prenez les résultats d’un quintet de chercheurs allemands dans Nature. Ces têtes pensantes se sont penchées sur la délicate question de la prévision climatique à moyen terme, sur une décennie. Question épineuse, ils le disent eux même, puisque la tendance de fond de l’évolution climatique subit de plein fouet les variations naturelles, et régionales, du temps. Que trouvent Keenlyside, Latif, Jungclaus, Kornblueh et Roeckner pour les citer ? Après avoir reconstruit le passé en appliquant leurs idées dans des modèles de circulation océanique reconnus, ils dessinent un avenir un chouia plus frais sur l’Europe pour la prochaine décennie.

Plus frais que quoi? Plus frais que si la variabilité climatique n’existait pas. De là à dire que le climat de la planète va se refroidir au cours des prochaines années, il y a un pas, un fossé même, que certains ont rapidement franchi, trop contents de découvrir des résultats qui vont dans leur sens.

Prenez MiniTAX, blogueeur patenté sur la question, ce lecteur-pourfendeur-de-consensus-sur-le-réchauffement-qui-déteste-les-modèles et sa sortie. Lui, il est vraiment gonflé. D’abord il accuse la presse française en général de passer sous silence des trucs qui les dérangent. Ensuite, il laisse penser que les chercheurs allemands ont « réglé » leur modèle pour qu’il prédise un refroidissement, comme si les savancosinus passaient leur temps à biaiser leurs travaux en fonction de leurs opinions… mais MiniTAX, comme bien d’autres, aurait du lire le papier de Nature, plutôt que des comptes-rendus vagues et tracés au cordeau… comptes-rendus qui ont même contraint les chercheurs à préciser que leurs travaux ne mettent pas en cause le réchauffement…

En gros, les travaux allemands laissent penser, et ce n’est pas rien, qu’on doit pouvoir faire des prévisions régionales à dix ans sans trop se planter. Au cours de la prochaine décennie, un ralentissement temporaire (c’est cyclique) de la circulation océanique Atlantique réduirait l’apport de chaleur des tropiques vers le nord, et donc adoucirait les températures, au moins en Europe. Mais pendant ce temps, le gaz carbonique s’accumule - c’est pas du conditionnel - et le gaz carbonique, ça réchauffe l’atmosphère. Ce n’est pas un grand complot d’écologistes chevelus ou de nucléocrates patentés, “it’s physics, stupid!”


Bref, déduire de ce joli travail de modélisation que le climat de la planète terre va durablement se refroidir, que le réchauffement n’existe pas ou je ne sais quoi d’autre, est à peu près aussi débile que de s’appuyer sur la fraîcheur de la météo d’avril, de la chaleur d’août 2003, ou des milliers de victimes du cyclone birman pour tirer des plans sur la comète. Même Courtillot qui défend la prédominance des variations d’éclairement solaire dans le réchauffement constaté jusque dans les années quatre-vingt, sait bien qu’un climat ça se regarde sur le long terme.

 

 

 



 

 

 


Ecrire un commentaire - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 08:27
- Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Rechercher

Profil

  • André
  • UNE VIE
  • Homme
  • 01/01/2008
  • Paris Marseille Planète Ailleurs
  • amour philosophie economie amitié marketing
  • Je considère que l'on ne s'enrichit que dans nos différences. L'injustice est le mot que je hais. L'amour est le terme que je préfère. Pour le reste, c'est ma vie...

Derniers Commentaires

Recommander

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés