Les scientifiques sont pressés de répondre à des questions qui ne relèvent plus de leur domaine de recherche propre.


1-     Le rapport entre la science et la puissance est l’un des principaux sujets d’inquiétude. Le désir de connaître le monde est-il intrinsèquement lié au désir de dominer autrui ? Si la connaissance confère à son détenteur une maîtrise sur les choses, n’est-elle pas destinée à être systématiquement instrumentalisée par le pouvoir ?




2- 
    Le rapport entre la science et la démocratie ne va pas non plus de soi. Si la science se construit indépendamment des opinions majoritaires, ce qui est légitime puisqu’elle procède par innovations successives, elle a pourtant des conséquences directes sur la vie de tout un chacun et sur l’organisation de la société (que l’on songe à l’énergie nucléaire ou aux organismes génétiquement modifiés par exemple). Comment équilibrer ces deux aspects ? Quel doit être le rôle des experts ? Faut-il organiser des débats publics ? Les politiques doivent-ils prendre des décisions en la matière ? A l’origine la science est un allié pour la démocratie, mais d’autres types de régime peuvent se servir de la science. En outre les politiques sont de plus en plus souvent confrontés à des problèmes liés à l’émergence de nouvelles technologies. D’où la nécessité d’une réflexion sur ces questions.

3-     Le rapport entre la science et la vérité est lui aussi en question. On a longtemps cru que la science disait le vrai. Mais le philosophe allemand Karl Popper a montré que ce qui caractérise le discours scientifique c’est au contraire sa capacité à s’exposer à des situations qui pourraient en démontrer la fausseté : une théorie est scientifique si elle est réfutable, et la « vérité » des théories est toujours provisoire, en attente de réfutation et de
renouvellement. Il y a là de quoi réveiller les relativistes de tout bord, qui dénoncent le discours d’autorité de la science et prétendent réhabiliter des pratiques pseudo
scientifiques. En quoi le discours scientifique diffère-t-il de telles pratiques ? Quels sont les arguments qui permettent à la science de revendiquer la vérité de ses énoncés ?


4-     La question la plus cruciale est celle du rappo
rt entre science et universalité. La science prétend produire des énoncés universels.

Mais l’universel qu’exhibe la science est-il complet ou non ?
Les scientifiques peuvent-ils répondre à toutes les questions qu’on leur adresse ?

Non, la science ne sait pas tout, elle peut au contraire répondre qu’aux questions scientifiques. Or les questions qui intéressent le plus les gens ne sont pas scientifiques, elles sont liées à nos valeurs, elles concernent la liberté, le vivre-ensemble ou le bonheur.


Jusqu’à quel point peut-on ou doit-on laisser ces deux domaines à l’extérieur l’un de l’autre ? 











 


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Samedi 4 juillet 2009 6 04 /07 /Juil /2009 16:40
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  • André
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  • Je considère que l'on ne s'enrichit que dans nos différences. L'injustice est le mot que je hais. L'amour est le terme que je préfère. Pour le reste, c'est ma vie...

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