Partager l'article ! Le désordre mondial, la (dé)croissance "zéro": Droits réservés © Le risque, nouveau baromètre pol ...
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Le risque, nouveau baromètre politique ?
Pour toutes les questions et dans tous les organes liés au développement économique et technologique qui
présentent une importance vitale pour les équilibres de la société
mondiale, il devrait y avoir systématiquement place pour des opinions divergentes, des contre-experts, une pluridisciplinarité. La reconnaissance sans détour des incertitudes et la
pression des flux boursiers permettraient à la politique, au droit et à l’opinion publique de s’émanciper de la tutelle technocrates et des Marchés financiers. En surplomb d’une controverse
pluraliste et publique entre experts et contre-experts, l’opinion publique jouerait un rôle de "chambre haute". Juger les desseins du pouvoir de l’argent, les conséquences de sa pression et les
dangers qu’il crée, elle appliquerait un critère en forme de question : quelle sorte de vie voulons-nous vivre ?
La modernité a détruit la société agraire.
On est passé à la société de l’égoïsme et du pouvoir. Aujourd’hui, la société mondiale
occidentale laisse place à une nouvelle configuration sociale qu’il faut analyser et comprendre.
Qu’est-ce qui se cache derrière le préfixe mystérieux « post » (post-industriel ; post-modernité…). Il faudrait repenser les armes de l’analyse car, la configuration
sociale est tout autre et c’est ce qui participe la réflexion des Hommes pour harmoniser un
Monde devenu fou.
Avançons enfin l’hypothèse selon
laquelle on se trouverait actuellement dans une période transitoire, charnière, entre la fin des sociétés de type industriel et le début
d’un nouveau mode d’organisation sociale dont la société réflexive pourrait être un des
modèles possibles et souhaitables d’un point de vue normatif. L’objectif ultime n’est donc pas de forcer l’acceptabilité sociale, mais de
redonner une dimension collective ou démocratique au développement
technico-économique
Il s’agirait en quelque sorte d’un
retour à
l’Humanisme... C’est la raison pour laquelle un
aménagement des processus de prise de décisions collectives à la lumière des principes de la démocratie fondamentale présente des caractéristiques d’ouverture, de communication et de débat.
La concrétisation politique de ce nouveau discours sur les effets pervers de la modernité, est en d’autres termes une invitation à l’humilité
…
Avec l’avènement de
l’Etat Providence, la société mondiale s’était donnée des outils pour évaluer (statistiques), pour limiter (prévention) et pour dédommager (prévoyance, assurance)
les risques qu’elle générait.
Ces sécurités et contreparties en échange
de l’insécurité et des destructions causées par la modernité technologique et celles de la communication par flux contrôlés ou non, constituaient une sorte de contrat social. Ce contrat social
constituait le cœur d’un consensus en faveur du progrès, qui a légitimé jusqu’à ces dernières décennies le développement de la croissance économique.
Avec l’incommensurabilité des risques
actuels, avec l’incapacité des institutions de la
première modernité industrielle (la science, l’industrie, l’État, les marchés financiers, l’état panique) à prémunir la société
contre les risques qu’elles créent, c’est ce contrat social qui est violé.
D’où une défiance envers ces institutions et l’écroulement du consensus autour des progrès. Pour le bon,heur de l’humanité et la survie de la Planète Terre …
Plus que le mythe du progrès, c’est la stabilité sociale et politique de l’ordre industriel qui est mise sous
tension par la conscience accrue de dangers sans précédents, et ce au sein des sociétés les plus sécurisées par une certaine domestication du marché, par des normes et des contrôles techniques et
bureaucratiques.
C’est bel et bien nos
systèmes politiques qui sont TOUS en question, avec ces dangers qui révèlent la faillite de la puissance publique et l’effondrement de la rationalité économique, régulatrice et juridique.
Une spirale s’est enclenchée avec des institutions qui sont entrées dans une course poursuite, dont elles ne peuvent que sortir perdantes, avec les promesses de sécurité qu’elles sont obligées de
prodiguer : elles s’efforcent de repousser toujours plus loin les limites de la sécurité sans jamais répondre aux attentes démesurées d’une opinion rendue
vigilante.
Comment se maintiendront les pouvoirs politiques dans un régime démocratique contraint de répondre par un discours sécuritaire musclé et, au final peu audible, à une opinion de
plus en plus sensibilisée au danger, qui s’expose de ce fait à des critiques constantes et dont la crédibilité est entièrement mise en jeu chaque fois qu’un évènement « cataclysmique »
se produit ou menace de se produire ?
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