Droits réservés---
A 63 ans, Bertrand Daullé a une vie professionnelle bien remplie : juriste, dessinateur de presse pendant 20 ans, directeur d'ANPE et directeur de centre
de gestion agréé. En tant que dessinateur, Bertrand Daulllé a travaillé pour Le Monde, Le Canard Enchaîné, le Journal du Dimanche, le Herald Tribune et de multiples magazines, y compris
étrangers. Pendant un temps, il a également accompagné le 20 heures de Bruno Masure sur TF1. Après quelques années de pause, celui dont l'ancêtre Jean Daullé était graveur pour Louis XIV,
entend bien se remettre à temps plein à sa passion. Il travaille essentiellement pour des blogs d'actualité et politiques et se dit "preneur de toute proposition".
ChristineLagarde,la première dame de Bercy.
L'événement est presque passé inaperçu. A la nomination de Christine Lagarde au poste de ministre de l'Economie, il a peu été souligné qu'il s'agissait là d'une première de l'Histoire de France :
une femme pour tenir les cordons de la bourse du pays. L'actuelle ministre de l'Economie se démarque à plus d'un titre de ses prédécesseurs, elle qui n'a jamais été élue, qui s'est lancée dans la
politique seulement deux ans avant sa nomination par Nicolas Sarkozy et François Fillon en juin 2007.
C'est Jean-Pierre Raffarin qui l'avait repérée et nommée ministre déléguée au
Commerce extérieur. A l'époque, cela faisait plus de dix ans qu'elle avait quitté l'Hexagone pour exercer les plus hautes responsabilités au sein du cabinet d'avocats d'affaires Baker &
McKenzie, qu'elle finira par présider. Une fonction qu'elle est là aussi la première femme à occuper.
Jean-Louis Borloo,
sitôt arrivé, sitôt parti.
Jean-Louis Borloo détient un record dont il se serait probablement bien passé, celui du passage le plus rapide à la tête du ministère de l'Economie et des Finances (Minefe).
L'actuel ministre
de l'Ecologie aura tenu exactement 32 jours, le temps d'un mot jugé malheureux sur la TVA sociale et la probabilité d'une hausse de la TVA en direct à la télévision. C'est pourtant lui
qui avait milité pour la création d'un ministère des Finances aux compétences élargies, puisque comprenant l'Emploi en son sein. Les mauvais scores de la droite aux législatives, qu'on lui
reprocha, et la défaite d'Alan Juppé, lui ont offert une porte de sortie au Medad, le ministère de l'Ecologie, de l'Energie et du Développement durable où il est parti préparer le Grenelle de
l'Environnement.
Thierry Breton,
la parenthèse politique d'un patron.
Thierry Breton est le dernier ministre de l'Economie à avoir officié sous Jacques Chirac, il était également le premier depuis Pierre Bérégovoy à avoir tenu le poste sous deux Premiers ministres
différents, en l'occurrence Jean-Pierre Raffarin et Dominique de VIllepin. Une performance pour une fonction qui a vu sept changements de titulaires entre 2002 et 2007, qui n'a pas été payée en
retour. Faute de poste attribué par le nouveau gouvernement, et malgré son soutien à la campagne de Nicolas Sarkozy, Thierry Breton a ensuite dû quitter la vie politique pour enseigner à Harvard.
Depuis novembre 2008, il est de nouveau à la tête d'une entreprise, Atos Origin, après avoir été le PDG de Thomson entre 1997 et 2002 et de France Télécom de 2002 à 2005.
Hervé Gaymard, fatal duplex.
Un autre passage éclair à la tête de Bercy. Hervé Gaymard, ex étoile montante de la chiraquie a passé moins de trois mois dans le fauteuil de ministre de l'Economie, de novembre 2004 à
février
2005. En cause : l'affaire du duplex, également dite affaire Gaymard. A savoir la révélation par la presse du loyer de 14 400 euros payé chaque mois par l'Etat pour loger le ministre, sa
femme et leur enfants alors que la famille disposait auparavant d'un logement lui appartenant dans Paris et qu'elle avait mis en location. La pression fut telle que le ministre décida
finalement de démissionner de son poste et du gouvernement. Il est actuellement député de Savoie et président du conseil général de la Savoie.
Nicolas Sarkozy,
après l'Intérieur, avant l'UMP.
En tant que membre de gouvernement, le président de la République a surtout marqué les esprits comme ministre de l'Intérieur. Il a pourtant également été ministre de l'Economie, pendant neuf
mois, le tant de s'illustrer dans le sauvetage d'Alstom entamé par Francis Mer son prédécesseur.
Le chef de l'Etat connaît bien la maison pour avoir également été ministre du Budget dans le
gouvernement d'Edouard Balladur. Autre événement marquant de son séjour à Bercy : le passage sous les 50% de la part de l'Etat dans France Telecom, le changement de statut d'EDF et GDF (il
avait promis qu'il ne serait jamais privatisé) et l'entrée du privé au capital d'Areva. Nicolas Sarkozy démissionne du poste lorsqu'il est élu à la présidence de l'UMP, sommé par Jacques Chirac
de choisir entre les deux fonctions.
Francis Mer,
un industriel à Bercy.
Lors de son passage au ministère de l'Economie et des Finances, le moins que l'on puisse dire, c'est que Francis Mer a détonné. Détonné dans cette maison feutrée qu'est Bercy mais aussi dans le
monde politique, peu habitué au franc-parler de l'industriel. Car Francis Mer est avant tout un homme du privé, en particulier longtemps patron d'Usinor Sacilor. Ce qui ne l'a pas empêché
d'afficher une longévité inhabituelle ces dernières années à la tête du Minefe : 22 mois dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
Depuis janvier 2007, Francis Mer, 69 ans, est le
président du conseil de surveillance du groupe Safran.
Laurent Fabius, retour aux commandes.
Entre mars 2000 et mai 2002, Laurent Fabius est le troisième ministre de l'Economie du gouvernement Jospin. Soit le troisième en cinq ans. Les années précédentes l'ex-Premier ministre ne faisait
même pas partie du gouvernement du perdant de l'élection présidentielle de 2002. Ce retour en grâce, il le doit aux malheurs de son prédécesseur face aux puissant syndicats de Bercy.
Lors de
son passage, Laurent Fabius dut négocier la deuxième phase de la réforme des 35 heures et gérer le passage à l'euro. Candidat malheureux aux primaires socialistes pour la présidentielle de
2007, il est actuellement député de la Seine-Maritime.
Christian Sautter,
une réforme qui ne passe pas et puis s'en va.
Christian Sautter fait partie de ces ministres à n'avoir pas fait long feu à la tête de Bercy. Nommé en remplacement de Dominique Strauss-Kahn, démissionnaire, en novembre 1999, il quitte les
lieux quatre mois plus tard. Sa faute : avoir voulu imposer une réforme impopulaire, voulue par son prédécesseur, au personnel du ministère de l'Economie. Si Christian Sautter n'a passé que 145
jours dans le fauteuil de ministre de l'Economie, il aura connu Bercy plus longtemps, puisqu'il a dabord été le ministre du Budget, dès l'arrivée de Lionel Jospin à Matignon en 1997.
Dominique Strauss-Kahn,
apprécié mais démissionnaire.
Le passage de Dominique Strauss-Kahn au ministère de l'Economie a été salué par nombre d'observateurs, y compris anglo-saxons, ce qui est assez rare pour être souligné. Le retour de la croissance
et la baisse du chômage ne lui ont pas épargné une sortie pour le moins difficile. Mis en cause dans l'affaire Mnef, l'ex candidat malheureux aux primaires socialistes pour la Présidentielle de
2007 a dû démissionner, sans retour possible au gouvernement.
Dominique Strauss-Khan est désormais le patron du Fonds monétaire international.
Jean Arthuis,
un comptable à Bercy.
De août 1995 à juin 1997, l'ancien expert-comptable Jean Arthuis fut le ministre de l'Economie du deuxième gouvernement d'Alain Juppé. Il remplace à Bercy Alain Madelin, démissionnaire.
Encore
aujourd'hui, Jean Arthuis s'occupe des finances de la France, mais en tant que président de la commission des finances du Sénat (Jean Arthuis est sénateur de la Mayenne) depuis 2002. Il est
également président du conseil général de la Mayenne.
Alain Madelin,
rapidement libéré de ses fonctions.
Autre victime du siège hautement éjectable de ministre de l'Economie, Alain Madelin. Nommé à ce poste par Alain Juppé (Alain Madelin avait soutenu Jacques Chirac lors de la campagne
présidentielle, au contraire de l'UDF), ce chantre du libéralisme a passé 101 jours à Bercy.
Son tort : avoir voulu aligner les retraites du public avec celles du privé et avoir
ouvertement critiqué devant les médias certains acquis sociaux de la fonction publique.
Edmond Alphandéry, père d'un grand
emprunt.
Pendant près de deux ans, Edmond Alphandéry fut le ministre de l'Economie d'Edouard Balladur.
Cet ancien élu UDF a surtout marqué son passage par l'émission d'un grand emprunt 6% qui
rencontre un important succès, avec 110 milliards de francs de souscription. Aujourd'hui, l'ex ministre cumule les fonctions dans le privé : président du conseil d'administration de CNP
Assurances, président du Centre des professions financières, administrateur de Calyon, de Suez et d'Icade.
Michel Sapin,
un an, deux crises monétaires.
Moins d'un an. C'est le temps qu'aura passé le socialiste Michel Sapin dans le fauteuil de ministre de l'Economie du gouvernement de Pierre Bérégovoy. Une période courte mais qui ne lui a
pas épargné les dossiers compliqués.
C'est lui en effet qui doit affronter les crises monétaires qui ont suivi l'adoption du marché unique. Objectif : défendre la politique du franc fort
et la désinflation. Parmi les lois dont l'actuel député de l'Indre est à l'origine, on retiendra celle du 16 juillet 1992 qui met en place le plan d'épargne en actions.
Pierre Bérégovoy,
une exceptionnelle longévité.
A Bercy, Pierre Bérégovoy a fait preuve d'une exceptionnelle longévité : près de 4 ans à diriger l'économie du pays entre 88 et 91, d'abord dans les gouvernements Rocard I et II, puis dans celui
d'Edith Cresson, avant de prendre lui-même le poste de Premier ministre. Sans compter qu'il avait déjà occupé la fonction dans le gouvernement de Laurent Fabius de 84 à 86. Au Minefi
, c'est
lui qui s'attelle à la tâche de stabiliser le franc, avec la politique du franc fort. Lui aussi qui libéralise les échanges financiers et crée le marché à terme des instruments
financiers (MATIF).
Edouard Balladur,
privatisation et libéralisation.
Avant de devenir lui-même Premier ministre, Edouard Balladur a été le ministre de l'Economie de Jacques Chirac pendant la première cohabitation.
Un passage à Bercy essentiellement marqué par
les nombreuses privatisations d'entreprises nationalisées par la gauche. Parmi elles : Saint-Gobain, Matra, la Compagnie financière de Suez, la Compagnie financière de Paribas, la Société
générale ou encore TF1. Sous sa direction également : l'ordonnance du 1er décembre 1986 qui déclare que les prix sont libres et crée le Conseil de la concurrence.
Jacques Delors,
l'homme des nationalisations.
Avec Pierre Bérégovoy et René Monory, Jacques Delors est le ministre de l'Economie de la Ve République qui aura occupé le plus longtemps la fonction : plus de trois ans, de mai 1981 à juillet
1984, sous les trois gouvernements successifs de Pierre Mauroy
. Sa tâche : appliquer le programme de François Mitterrand de nationalisation de la plupart des établissements de crédit en
définissant notamment les modalités d'indemnisation des anciens actionnaires des sociétés nationalisées. Son passage à Bercy a également été marqué par le quasi blocage des prix et salaires entre
août et novembre 1982 pour lutter contre l'inflation.
René Monory,
un garagiste à Bercy.
Trois ans et un mois. René Monory a su durer à la tête du difficile ministère de l'Economie française. Pourtant, c'est peu dire que René Monory n'avait dans sa jeunesse pas le profil de l'emploi.
Titulaire en tout et pour tout d'un brevet élémentaire et d'un brevet industriel, il a commencé à travailler à 15 ans dans le garage automobile de son père. Une affaire qu'il a su par la
suite rendre prospère avant de grimper les échelons de la politique locale puis nationale. Raymond Barre, qui l'a remarqué au Sénat en fait son ministre de l'Industrie puis son ministre de
l'Economie.
Robert Boulin,
un habitué des gouvernements.
Robert Boulin n'a passé que 13 mois à Bercy, en tant que ministre délégué à l'Economie et aux Finances de Raymond Barre. Mais à l'époque il est un habitué des gouvernements.
Il a
successivement appartenu à ceux de Michel Debré, Georges Pompidou, Couve de Murville, Chaban-Delmas, Messmer et donc Barre. A Bercy, il poursuit la politique de stabilité des prix de son
prédécesseur, notamment en imposant une baisse sur des produits de première nécessité. A noter que son décès en 1979 a donné lieu à l'affaire Robert Boulin, les circonstances de son suicide
présumé prêtant à caution.
Raymond Barre,
le cumul de Matignon et Bercy.
Entre 1976 et 1978, Raymond Barre a cumulé les fonctions de Premier ministre et de ministre de l'Economie. Cela n'avait pas eu de précédent dans l'histoire de la Ve République et n'a pas eu de
suite non plus.
Celui que Valéry Giscard d'Estaing qualifie alors de "meilleur économiste de France" mène face aux chocs pétroliers une politique de la rigueur. Il bloque les prix en 1976
et lance deux emprunts, dont l'emprunt "sécheresse". Il s'attache également à insuffler davantage de concurrence dans l'économie française et supprime notamment le monopole de la Seita sur
l'importation des tabacs.
Jean-Pierre Fourcade,
la fiscalité en priorité.
A 78 ans, Jean-Pierre Fourcade était encore en 2007 le maire de Boulogne-Billancourt. Il fait aujourd'hui partie de l'opposition au conseil municipal et siège toujours au Sénat. De 1974 à
1976, il fut le ministre de l'Economie de Jacques Chirac, c'est dire si sa vie politique est bien remplie, puisqu'il fut aussi ministre de l'Aménagement du territoire. Lors de son passage à
Bercy, il s'est illustré par sa réforme de la fiscalité française avec entre autres l'instauration de l'imposition des plus-values, de la taxe forfaitaire sur les métaux précieux, les bijoux, les
objets d'art et de collection.
Derniers Commentaires