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L'âge Internet
L’époque moderne semble rythmée par des profondes instabilités sociales et
politiques qui accouchent ensuite d’un nouvel ordre mondial.
Le 20e siècle et les suivants seront ainsi : l’homme s’observe enfin.
Psychanalyse, physique quantique, keynésianisme, l’homme, et son mystère, sa part d’ombre, sont au centre des réflexions. A quand dater la fin du 20e siècle ? Certains ont dit 1989, la chute du
mur de Berlin, d’autres 2001 avec celles du World Trade Center, d’autres diront plus tard 2008. Sans doute a-t-il commencé avec les trois “Big Bangs”, Internet, Mobilité et Numérisation entre
1970 et 1990. C’est là que s’est mis en place l’organisation de l’économie puis de la société “en réseau”.
La finance est d’abord le reflet des évolutions d’une économie où les entreprises agissent de plus en plus en réseau, se concentrent sur leur coeur de compétence et interagissent les unes avec les autres via les interfaces que constituent les normes et les contrats. L’économie des contrats et la prolifération des normes européennes ou internationales ne sont que le décalque de ce qu’est l’Internet, un lieu d’échange aux interfaces automatisées.
Mais, la mutation profonde et radicale d’une société ne veut pas dire changement de style.
Rappelons-nous le temps qu’il fallut aux Lumières pour que leurs idées se
répandent et finissent par changer profondément les bases des sociétés notamment en France. Et souvenons-nous aussi qu’avant la Révolution Française beaucoup de choses avaient déjà changées. En
1918, les pays ont essayé de reprendre le cours de leur histoire, les années folles et autres, mais en vain, et il fallut les réflexions de Keynes, entre autres, pour imaginer et penser le monde
de l’après-guerre. Et encore une fois, tout n’est pas surgi du néant, la Société des Nations existaient déjà,
Roosevelt et d’autres avaient déjà eu des politiques “keynésiennes”, mais encore une fois, il a fallu un changement profond pour pousser ce qui n’était
qu’anecdotique sur le devant de la scène et éclipser définitivement ce qui restait, sédimenté, de l’ancien monde.
Si cette logique se tient - et elle pourrait être absurde car rien ne dit qu’il y a des lois en histoire - alors un “âge Internet”, entendu comme la mise en place d’un nouveau type de société, que nous ne percevons encore que par ses effets anecdotiques, pourrait apparaître dans un moment de crise comme celui-ci. Ou peut-être pas, il est trop incertain de vouloir dire quoi que ce soit de l’avenir.
La science, qui avait changé de visage à la fin du 18e siècle (Les Mots et les Choses de Foucault en rendent bien compte), puis au début du 20e siècle avec l’introduction de l’homme dans les équations, a à nouveau changé radicalement avec l’introduction du numérique. Un scientifique aujourd’hui est un modélisateur informatique du monde qui l’entoure, tout se passe aujourd’hui par l’ordinateur, on y stocke et gère les données, on y fait tourner des modèles, etc.
La science aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’il y a 40 ans. La façon de voir le monde est donc différent : non plus tant régi par des
équations fixes, ou probabiliste, que par des corrélations entre des grandeurs différentes. La vision est trop rapide, erronée, mais elle voudrait faire sentir combien le monde vu aujourd’hui par
les scientifiques est plus proche d’un Second Life que des équations d’Einstein.
Mais une chose est entendue, nos Lumière ou nos Keynes se trouvent dans
l’Internet. Une organisation de la société en réseau, la transformation de la figure de l’intellectuel recyclé en bloggeur, de l’artiste-star en artiste-tout-le-monde, etc. La crise de l’édition,
de la papeterie, des médias traditionnels se comprend sous cet angle. Etc. Npous restons avec le "doigt d'honneur" pointé vers nous dans le style : "Démmerdez-vous'
Difficile alors de savoir ce qui viendra maintenant,
mais on peut penser que tout se trouve déjà
sous nos yeux. Mais il faut le voir.
Et ça, c’est
plus difficile !
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