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Les petites guéguerres entre animateurs, ça fait souvent du buzz. On n'allait donc pas se priver de la dernière qui oppose l'humoriste Stéphane Guillon (de France-Inter et Canal +) et le journaliste Jean-Michel Aphatie (de RTL et Canal +).

Surtout qu'au delà d'inimitié personnelle que se voue les deux hommes, le conflit se porte aussi sur la concurrence des stations de radio.

Tout a commencé par une chronique de Guillon sur Dominique Srauss-Khan dans lequel le trublion s'en prenait à l'appétit sexuel du socialiste.

 

Quelques minutes plus tard, DSK était invité du 7/10 de France Inter où il a offert un grand show « à l’américaine ». Le patron du Fond Monétaire International (FMI) a expliqué en préambule avoir "peu apprécié les commentaires" de l'humoriste.

"Les hommes politiques [...] ont le droit d'être critiqué, mais l'humour c'est bien sauf quand c'est de la méchanceté comme c'était le cas", a-t-il ajouté.

 

La toile se gausse pour cette blague de potache qui aura fait réagir le directeur de l'institution chargée de stabiliser le système monétaire du monde et qui a obligé le directeur de France Inter Frédéric Schlesinger à s'excuser.


Mais voilà que le journaliste d'une radio concurrente se mêle de l'affaire. Jean-Michel Aphatie a écrit un article contre Guillon et France Inter sur son blog. Extraits : "Un billet sans surprise, ni originalité, sur le thème « planquez-vous les gonzesses, DSK arrive. »". La particularité de Stéphane Guillon, c’est qu’avant d’être drôle, il est méchant. Ou plutôt, que son humour repose sur la méchanceté. Ces textes ne sont pas spirituels. [...] Chez lui, les mots sont des balles, il est direct et carré, il veut faire mal, il fait mal, c’est son boulot, c’est son emploi, il le remplit. Stéphane Guillon a été aussi loin qu’il le pouvait, violent de la première à la dernière ligne, misogyne à plusieurs passages, donc, d’une certaine façon, correct avec son employeur puisque celui ci lui a concédé un peu de temps d’antenne pour accomplir sa besogne. Si Stéphane Guillon intervient comme il intervient sur France Inter, c’est parce que Frédéric Schlesinger (directeur de France Inter) l’a souhaité, voulu, et qu’il a organisé son antenne pour que cela puisse se faire. S’excuser ensuite, ou pour être plus précis à la suite des propos tenus, c’est refuser d’assumer sa responsabilité. A la fin de son article, Apathie critique aussi le slogan de France Inter "L'indifférence, c'est l'indépendance. Encore n’était-il pas précisé  que cette « indépendance » là pouvait se combiner à l’occasion avec des « excuses », ce qui la rend plutôt singulière", juge le journaliste.

Le billet d'humeur arrive aux oreilles de Guillon qui décide d'axer sa chronique du matin sur... Aphatie.
"Après une telle attaque, surtout pas de ressentiment ou de vengeance aveugle. Au contraire, il faut essayer de comprendre l'autre. Sa solitude, ses aigreurs ou ses complexes", commence Guillon. L'humour est toujours aussi border-line et l'on passe vite au règlement de compte où les coups sont parfois portés en-dessous de la ceinture : "Pourquoi Aphatie défend autant DSK ? Est ce qu'ils ont partagé une fille ensemble ? Je ne pense pas. Vu le physique d'Aphatie, quand on organise une partouse, ce n'est pas le premier qu'on appelle. Pas qu'il soit laid, foncièrement, mais... C'est une chose qui se sait dans le métier, il sent très très mauvais de la bouche".
Le comédien évoque ensuite le départ d'Aphatie de France Inter. "Il était à France Inter mais il a claqué la porte parce que Jean-Luc Hees, le directeur de l'époque a préféré quelqu'un d'autre pour faire l'édito politique. Ici il n'y a pas de copinage. Ça marche à la compétence. Et ça, Apathie a du mal. Depuis, il déteste tous les gens qui travaillent ici."

 

Moins d'une heure plus tard, rebelotte. Jean-Michel Aphatie qui est tous les jours sur RTL de 7h50 à 8h00, reprend son clavier pour commenter la vidéo de Guillon :
"A certains moments, il m’a semblé que l’on pouvait éprouver une forme de honte compassionnelle pour son auteur, perdu dans une vulgarité épaisse et inutile. Sur le propos lui-même, juste cette remarque. Le billet écrit ici hier soulignait l’incongruité des excuses faites par la direction de France Inter à la suite d’une chronique précédente de Stéphane Guillon. De cela, nulle mention ce matin. La preuve peut-être de l’embarras général. Et puis de vous à moi, à la violence du ton, je n’ai pu m’empêcher de penser que Stéphane Guillon avait le cuir beaucoup plus tendre que ne le laisse supposer la forme de travail qu’il s’est lui même choisi."

 


L'opposition DSK-Guillon s'est peu à peu déportée vers un conflit entre Aphatie et France Inter, puis Guillon et RTL. Dans sa dernière chronique, Guillon a tenu à défendre à plusieurs reprises sa radio attaquée par le journaliste :
"Nous à France Inter, on ne dézingue jamais RTL. C'est normal, Eddy Merckx ne critiquait pas Poulidor. De la part de quelqu'un qui officie dans la même station que les Grosses Têtes, la critique (sur sa mysoginie) est légitime.Finalement à Inter, on a trop d'éthique. Nous aussi on devrait critiquer la concurrence".

Mais pourquoi sont-ils si méchants ? Aphatie est un intervieweur souvent cité en exemple pour son indépendance. Il est loin le temps où il avait sa carte du Parti Socialiste (au début des années Mitterrand) et qu'il disait "nous" en parlant du gouvernement Jospin, pendant les conférences de rédaction à L'Express. Est-ce la raison pour venir au secours de DSK ?

Pas sûr. Le journaliste est aussi connu pour aimer donner des leçons à ses confrères sur son blog.


Guillon insinue surtout que Jean-Michel Aphatie n'a pas digéré son départ de France Inter, où il a travaillé de 1999 à 2003.
Il est vrai que ce n'est pas la première fois que le journaliste cible son ancienne station de radio. La dernière attaque date du début du mois de février. Ou plutôt la dernière contre-attaque. Car, une fois n'est pas coutume, Aphatie n'avait fait que répondre aux critiques de son concurrent Nicolas Demorand   qui anime la case horaire juste après Guillon sur France Inter. Interviewé par Le Parisien, Demorand était en colère contre le choix des journalistes choisis pour interviewer Sarkozy. D'autant que France Inter n'a pas fait partie des heureux élus.

"RTL a été choisie, mais on attend des explications. Qui a choisi Alain Duhamel comme interviewer? L’Elysée ou RTL? Si c’est l’Elysée, pourquoi la radio a-t-elle acceptée? Si c’est RTL, pourquoi ont-ils choisi leur éditorialiste plutôt que Jean-Michel Aphatie? C’est pourtant lui qu’ils présentent comme le meilleur intervieweur de France et celui chez qui, disent-ils, se fait la pluie et le beau temps de la politique tous les matins. Je sais à quel point Jean-Michel Aphatie est sourcilleux: lui qui donne des leçons de déontologie à longueur de blog, qu’il nous raconte les coulisses"


Après avoir défendu RTL et sa "culture rigoureuse et professionnelle", Aphatie avoue que ce choix ne lui a pas fait plaisir, "mais je l’ai accepté pour deux raisons.

D’abord, mais l’ordre ici n’a qu’une importance relative, parce que j’éprouve le plus grand respect pour Alain Duhamel.

L’autre raison, justement, c’est RTL. Cette radio est une belle radio. J’ai lu naguère, dans la bouche du directeur de France Inter, que les radios privées étaient capables de faire n’importe quoi pour faire de l’audience, phrase puissante, n’est-ce pas. Celui qui l’a prononcé ne doit pas savoir grand chose des radios privées en général, et ne sait rien de RTL en particulier".

 

Et vlan !

Le jour même, la directrice de France Inter Hélène Jouan a répondu à JMA. Elle défend la position de la radio avec difficultés : "Le moment est pour nous assez désagréable. Mais ça ne remet pas en cause l'indépendance de l'antenne [...] On n'a pas avancé masqués. On regrette que la parution soit tombée à ce moment-là [juste après les Universités d'été de la Rochelle]. Après, il n'y a pas de problème pour nous, ni dans ce qu'il y a dans le bouquin, ni dans le fait d'inviter Martine Aubry sur Inter". Elle choisit aussi de ne pas trop énerver Aphatie : "Je suis hyper admirative de ce que fait Jean-Michel. Je trouve juste que c'est un peu facile et que c'est pour faire du buzz, pour parler sur son blog etc.

Mais amusons-nous ! Ca ne me heurte pas".

Et Guillon qui prétend (sans doute ironiquement) ne jamais critiquer la concurrence ? Le premier round entre Aphatie et le chroniqueur est passé inaperçu.

 

Voulant montrer l'indépendance de sa radio, Guillon se moque d'abord d'Europe 1, où les tracts UMP seraient mis en avant, puis de RTL en parlant du journaliste vedette. "Il y a des gens qui pensent que Jean-Michel Aphatie est un chroniqueur politique. Pas du tout. C'est un humoriste ! D'ailleurs, si on le considère comme un humoriste, c'est très drôle!", dit-il. La réponse d'Aphatie est plus douce : "Il faut dire aux gens qui écoutent Guillon que c'est très rigolo. Pas au premier degré, mais au deuxième ou au troisième... Y'a beaucoup d'humour".







 

Apparemment, les tensions entre les deux hommes,

influent et producteur d’audience, ne datent pas d'hier !


 




 




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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 08:30
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  • André
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  • 01/01/2008
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  • Je considère que l'on ne s'enrichit que dans nos différences. L'injustice est le mot que je hais. L'amour est le terme que je préfère. Pour le reste, c'est ma vie...

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