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Certains ont été tués dans les rues. Beaucoup ont été exécutés chez eux, après blocage et perquisition des zones réputées pour être habitées en majorité par certains groupes ethniques. Certains ont été ébouillantés à mort ou asphyxiés dans des conteneurs métalliques scellés, placés en plein soleil.

Dans un hôpital au moins, 30 patients ont été tués par balle dans leur lit. Les corps des victimes ont été abandonnés dans les rues ou dans les maisons, pour intimider le reste des habitants. Des témoins affolés ont pu voir des chiens s'acharner sur les cadavres, mais on leur a imposé par mégaphone ou par radio ne ne pas y toucher et de ne pas les enterrer.

Vous souvenez-vous de ce massacre ? Du lieu de ce drame ? Qui étaient les bourreaux et les victimes ? Ne vous sentez pas coupable si cela ne vous rappelle rien, il en va ainsi de la majorité. Non, il ne s'agit ni du Kosovo, ni de la Bosnie. Il s'agit de l'Afghanistan, qui peut apparaître, en bien des points, comme le Kosovo des années 1980, mais on y porte peu attention.
Pendant un moment, on a crû que de tels massacres, commis par les talibans dans la ville du nord de l'Afghanistan, Mazar-i-Sharif, s'inscriraient parmi les événements tragiques de l'Histoire. Mais, il y avait des événements bien plus importants pour les médias, tels que l'affaire Monica Lewinsky, le championnat de football, les émeutes en Indonésie. On a fini par effleurer ces événements.


Il aurait probablement été possible de filmer Mazar. Il s'agissait uniquement d'une question de volonté : à deux occasions au moins des personnes équipées de caméras camouflées ont filmé la situation des femmes sous le régime taliban en Afghanistan. Pour les taliban, filmer des femmes vivantes est bien plus criminel que filmer des cadavres.

Quelques journalistes ont réagi avec virulence et quelques bons articles ont paru dans certains journaux. De manière générale, cependant, les massacres perpétrés à Mazar n'ont qu'été timidement évoqués par les médias internationaux, en particulier par la presse américaine très influente. Le New York Times a accordé quelques paragraphes, placés dans une histoire ayant l'Iran pour thème, le 16 septembre. Un reporter d'Islamabad a proposé un article de 1500 mots à Newsweek, qui a finalement été réduit à un filet de 150 mots.


On parle pourtant beaucoup de l'Afghanistan. Oussama ben Laden attire les missiles de croisière, tout comme les médias, car il est l'instigateur présumé des attentats sur des ambassades américaines.

Et lorsque les taliban interdisent aux femmes de porter des chaussettes blanches ou des chaussures qui crissent, des articles sont publiés dans le monde entier et les groupes féministes font entendre leur voix.

Mais, lorsque les taliban tuent plus de 5000 hommes, en raison de leur origine ethnique et de leur sexe, cela semble ne choquer personne.

Pourtant, les massacres de Mazar étaient un sujet d'article puissant et légitime. Mais, alors que 3000 journalistes étaient à pied d'oeuvre au moment de la crise au Kosovo, seule une poignée d'entre eux ont pris la peine d'interviewer des réfugiés de Mazar au Pakistan.

Le soutien aux Albanais du Kosovo a été le produit des médias, de la couverture des réfugiés et des atrocités commises.




Quel sera le sort des dizaines de milliers d'orphelins de l'ethnie Hazara, dont on a tué les pères et les frères, dans un Afghanistan dévasté et ruiné, où les veuves n'ont pas le droit de travailler ?













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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /Mars /2009 08:17
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  • André
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  • 01/01/2008
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