Partager l'article ! L'informel et chaos informationnel: Droits réservés © La mention "Droits réservés" n'a pas d'influence sur la protection de l'o ...
Droits réservés ©
La mention "Droits réservés" n'a pas d'influence sur la protection de l'oeuvre et permet de jouer un rôle informatif vis-à-vis du public. (Article L. 123-1 du Code de la propriété intellectuelle)
On présente souvent Internet comme un réseau informatique à l'échelle planétaire, réparti sur un ensemble de noeuds constitués par les serveurs et les
fournisseurs d'accès, mais on peut mieux le définir comme un protocole commun à tous les ordinateurs et susceptible d'emprunter indifféremment de nombreux réseaux : téléphone, système
interne d'entreprise, télévision par câble, satellite, fibre optique...
Deux mots suffisent à caractériser l'Internet en tant que média : convivialité et réseau. La convivialité désigne la capacité d'une technique à être maîtrisée par l'usager lui-même. Ce qui est le cas de la microinformatique économiquement peu coûteuse et des logiciels usités sur Internet, dont beaucoup d'entre eux sont des sharewares. Physiquement, le réseau informatique est réparti sur un ensemble de noeuds constitués par les serveurs et logiquement, les documents circulants sur Internet peuvent être associés entre eux par les liens dits "hypertexte".
Internet a donc une structure anarchique et chaotique.
Le réseau étant ce qu'en font les utilisateurs, un modus vivendi consensuel s'est imposé reflétant pour ainsi dire l'idéologie de la tribu informatique décrite par P. Breton
à la fin des années. La fluidité communicationnelle est de rigueur : toute information technique pouvant être utile à la communauté informaticienne doit être partagée, fût-ce au détriment des
droits d'auteur. Deux préoccupations essentielles sous-tendent l'idéologie de l'internaute : la première est le souci du partage égalitaire des
ressources, ressources qui sont aussi bien les moyens techniques (systèmes et protocoles de communication) que les matériaux informationnel mis en disposition. Deuxième préoccupation :
le respect strict de la liberté d'information et d'expression, avec comme corollaire, le refus de toute censure, qu'elle soit étatique ou
institutionnelle.
Ces préoccupations reflètent l'esprit libéral propre aux milieux universitaires des années 60-70 marqués par une méfiance à l'égard des autorités centrales (fédérales) et une volonté d'autonomie individuelle.
D'autre part, la vision sociale prédominante est un progressisme social où la communication est investie de
la charge écrasante de résoudre, par elle-même, les tensions et les conflits qui traversent le monde. L'échange du savoir et des idées allaient permettre à la fois le
progrès matériel et humain, et la mise en place de solutions rationnelles aux conflits.
De plus, la rencontre virtuelle générée par les réseaux informatique permettait à chacun de transcender les particularismes sociaux, ethniques ou raciaux par le biais d'une communication
dégagée des affects sociaux, émotionnels, et corporels,
Cependant cette description unifie de manière excessive la réalité de l'Internet. En faire l'expression collective d'une utopie égalitaire, libertaire et éclairée peut être un argument commercial ou une vision idéologique, mais cela ne répond pas, en Europe en tout cas, à la réalité sociologique.
S'avère utile une typologie des divers acteurs sociaux qui interviennent tant dans la production du matériel et des logiciels nécessaires à l'usage du net, que dans l'utilisation économique, politique, institutionnelle ou non du réseau. Entreprises privées, fournisseurs d'accès, producteurs de hardware, concepteurs de logiciels, institutions publiques, associations culturelles ou sociales, usagers privés, consommateurs ou producteurs d'information, formations politiques, institutions religieuses et sectes, sans compter les services de renseignement de toutes sortes, interviennent dans la vie du net avec leur logique, leurs intérêts, leur pouvoir, et leurs motivations, légales ou non.
Sa convivialité technologique, et en raison de sa diffusion internationale, il est quasiment impossible à un Etat - du moins à un état qui se refuse au contrôle absolu
des medias - de censurer à la source les données qui y circulent. Ce qui entraîne la nécessité d'une autorégulation éthique du fonctionnement du net, autorégulation dont la logique s'oppose
incidemment aux intérêts économiques de ceux qui vivent du net, fournisseurs d'accès, publicitaires, journalistes, blogueurs, etc.
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