Partager l'article ! Après "l'affaire" Bettencourt : c'est "l'affaire"… Wildenstein !: Une affaire où il est (encore) question de gros ...
Une affaire où il est (encore) question de grosses fortunes, de querelle de famille et de paradis fiscaux... Après le feuilleton Bettencourt qui n’en finit plus de malmener le ministre du Travail, Erix Woerth, la succession Wildenstein pourrait aussi embarrasser le pouvoir. Une information judiciaire a été ouverte à Paris à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile de Sylvia Roth, la veuve du richissime collectionneur, Daniel Wildenstein, qui s’estime lésée par des fonds chargés de gérer la succession de son époux. C’est l’avocate de celle-ci, Me Claude Dumont-Beghi qui l’a annoncé, ce jeudi à l’AFP, confirmant une information du Canard Enchaîné.
L’information judiciaire pour «abus de confiance» a été confiée le 9 juillet au juge d’instruction du pôle financier du palais de justice de Paris, Guillaume Daieff.
L’affaire n’en est pourtant pas à son premier développement. Une première plainte, simple cette fois, avait été déposée en 2009 par l’avocate de Sylvia Roth, mais, explique-t-elle à l’AFP, «devant le manque d’empressement du parquet de Paris à ouvrir une enquête, nous avons déposé une plainte avec constitution de partie civile qui a débouché sur l’ouverture de cette information judiciaire».
En conflit ouvert avec les deux fils de son mari, la veuve de Daniel Wildenstein, décédé le 23 octobre 2001, leur reproche notamment d’avoir
dissimulé une partie de l’immense fortune du père dans des trusts, ces structures opaques basées dans des paradis fiscaux
- ici, il s’agirait de Guernesey, des îles Caïman et des Bahamas - et dont il est impossible de savoir qui sont les vrais
propriétaires.
D’après le JDD, les investigations de Sylvia Roth et de Me Claude Dumont-Beghi auraient fait apparaître que
la fortune de Daniel Wildenstein a ainsi été considérablement minimisée dans la déclaration faite au fisc lors du décès de Daniel Wildenstein: elle aurait été portée à 42
millions d’euros. Les Wildenstein, dont la
galerie est à New York, forment la plus importante dynastie de marchands d’art au monde, qui a constitué depuis le XIXe siècle, un stock fabuleux de tableaux et leur fortune tournerait
plutôt autour de quelque 4 milliards d’euros.
«Comme dans l’affaire Bettencourt, l’administration fiscale a été informée de l’existence de sociétés écrans. Comme
dans l’affaire Bettencourt, la justice a pu constater l’évasion du patrimoine dans des sociétés étrangères et des trusts (...) Comme dans l’affaire Bettencourt, l’administration fiscale est
restée totalement inerte à ce jour... », avait dénoncé le député
(PS) Alain Vidalies, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée
nationale, le 6 juillet dernier.
Le fisc a, en effet, été alerté et l’avocate de la veuve avait adressé deux courriers en 2009 à Eric Woerth, alors ministre du Budget, dans lesquelles elle évoquait ces trusts. Sans réponse.
Comme le rappelait Alain Vidalies, il se trouve que le fils du collectionneur, Guy Wildenstein, a su soigner son carnet
d’adresses. Membre du
très privé « Premier
Cercle », qui réunit, sous la présidence d’Eric Woerth, les donateurs fortunés de l’UMP - ceux qui versent de 3.000 à 7.500 euros chaque année au parti présidentiel -, on a pu l’apercevoir
en janvier 2007, à une réunion du Premier Cercle, présidée par le trésorier de l’UMP. Le Monde détaille ses liens avec le pouvoir: Guy Wildenstein, qui
habite aux Etats-Unis, est membre fondateur de l’UMP, conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger, et Nicolas Sarkozy le consulte régulièrement. Il a
été élevé au grade de commandeur de la légion d’honneur en janvier 2009, sur la liste du Quai d’Orsay.
L’ouverture de cette information judiciaire permettra-t-elle de relancer cette affaire qui traîne depuis neuf ans ? En juin dernier, la cour d’appel de Paris avait débouté en juin Sylvia Roth, qui réclamait 50 millions d’euros «en réparation de ses préjudices matériel et moral» et l’avait condamnée à verser, pour procédure abusive, à chacun des deux fils Wildenstein et à la veuve d’un troisième fils décédé, la somme de 50.000 euros au titre des dommages et intérêts.
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