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Une fois de plus, David Cameron et Boris Johnson (le maire de Londres) se sont retrouvés pris au
piège de tensions avec l'autre rive de la Manche quand le favori de la course à la présidence française a menacé de saborder le plan de sauvetage économique de l'UE et de torpiller la City. Le
socialiste François Hollande, vainqueur annoncé du mois de mai prochain, a publié un projet dans lequel il déclare la guerre aux services financiers et promet de jeter aux oubliettes le traité
fiscal de l'UE (censé introduire plus de discipline budgétaire), qui doit être approuvé lors du sommet européen du 30 janvier.
Le Premier ministre, le Maire de Londres et les chefs d'entreprise britanniques, horrifiés par les projets de Hollande, affirment qu'ils risquent de
porter atteinte aux centres financiers. Johnson l'a accusé de « vindicte politique ». Le 26
janvier, le candidat socialiste a présenté un manifeste en 60 points qui prévoit entre autres d'augmenter la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, d'abaisser l'âge de la retraite à 60 ans,
de plafonner les primes, d'abolir les stock-options et de renforcer le secteur public. S'engageant à effacer ce qu'a fait Nicolas Sarkozy, il a promis d'engager 20 milliards d'euros de nouvelles
dépenses publiques d'ici à 2017, de créer 60 000 postes dans l'Education et 150 000 emplois subventionnés pour les jeunes.
Le secteur de la finance est sa cible principale. Il évoque une sur-taxation de 15 % des bénéfices des banques, l'interdiction des produits financiers "toxiques) et la mise en place rapide d'une taxe sur « toutes les transactions financières ».
Boris Johnson déclare : « Je ne veux pas me mêler de la politique intérieure française, mais nous tenons à éviter que les Français ne commettent une erreur
qui porterait tort à l'économie britannique. Il est essentiel qu'un élément vital du secteur britannique des services ne soit pas endommagé pour des questions de vindicte politique à court
terme. » D'après Cameron, toute mesure visant à imposer une taxe sur les transactions financières,
dite « taxe Robin des Bois », serait de la « folie pure ». La fiscalisation des transactions financières compromettrait la croissance et mettrait en danger des centaines de
milliers d'emplois, ajoute-t-il.
Les principaux acteurs de la City se demandent cependant si la rhétorique électorale de Hollande est effectivement vouée à se concrétiser. Terry Smith,
directeur général du courtier Tullet Prebon, commente : "Selon moi, certaines des propositions de Monsieur Hollande sont tout à fait
raisonnables, en particulier la séparation entre banques des particuliers et banques d'investissements. Mais sachant qu'il a déclaré que le monde de la finance était son ennemi, je le soupçonne
d'être mû par la haine du capital et des marchés financiers. »
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