Partager l'article ! Délires d'Ubu Besson: Un peu d'imagination, voyons ! Le stade Charléty est politiquement trop connoté, depuis qu'en 1968 la gauche y a rêvé à ...

Les Françaises et les Français âgés de
18 ans, dûment authentifiés comme tels, y seraient alignés au cordeau face à une tribune où le président de la République, flanqué de son ministre de l'Immigration, leur remettrait en les
priant de la signer une "charte des droits et devoirs du citoyen".
Peut-être la nouvelle a-t-elle
échappé à l'attention du lecteur bouleversé par les images venues d'Haïti? Eric Besson, chef d'orchestre du débat sur l'identité française, envisage de saisir Nicolas Sarkozy d'une idée de son
cru: souder la communauté nationale en couchant sur le papier des principes "moraux et politiques" censément partagés par tous les enfants de la patrie. La proposition est de la même farine que
si le Père Ubu l'avait rédigée lui-même. Demander aux jeunes Français de parapher ces tables de la loi avant d'être admis à approcher l'autel du local de vote est une aberration. On ne s'étonne
pas de l'entendre dans la bouche d'un personnage déjà dépeint dans Napoléon-le petit par Victor Hugo quand il y parle de "tous ces hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre
quand il n'y a à enjamber que de la honte".

Il reste que cette énormité a été avancée par un membre actuellement très en vue du gouvernement et qu'elle n'a pas suscité l'ombre d'une indignation dans les rangs de la majorité. C'est qu'elle correspond à une résurgence dans la droite européenne - mais pas dans la droite seulement - de thèmes qui firent les turbulentes années du nationalisme préfasciste. Peur du terrorisme, de la grippe, du réchauffement climatique, du chômage, d'une rechute dans les folies boursières. Peur, surtout, de l'autre, cet étranger attiré par le Vieux Continent quand l'agriculture manquait de bras et que la machine industrielle tournait à plein. Qu'il s'en aille maintenant!
Des individus, des associations que l'on croyait immunisés contre la xénophobie tiennent soudain d'étranges propos. La crise laisse décidément derrière elle de vilaines traces. Ni l'approche d'élections régionales en France, ni une situation économique labile ne justifient la traque de boucs émissaires sans défense quand sont, dans le même temps, épargnés par la justice ceux qui ont bouté le feu à la planète.
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