Je le sens tremper sa plume dans l'encrier de ses larmes
Et poster ses mots qui traduisent les effluves de sa douleur
Je le vois déposer ses écrits comme s'il déposait les armes
Face à une solitude qui depuis des années déteint son coeur
Je le sens triste, usé et surtout je le sens étouffer
Je perçois entre ses lignes postées un appel au secours
Une main tendue qui ne chercherait qu'à tenter de masquer
Une existence insipide rodant autour de lui tel un vautour
Alors avec ces smiley et ces commentaires envoyés de tous côtés
Il a réussi à se créer ce petit univers où luit son imaginaire
Un univers merveilleux d'espoir, qui tant qu'il est connecté
Garde son âme au chaud et l'irradie d'une douce lumière
Je le sens fidèle et présent accroché à son ami le bohème
Qui le maintient en vie comme un aspirateur artificiel
Sa compagne se résume à son ordinateur à qui il confie sa peine
Celui qui chasse sa pluie et fait rentrer son rare soleil
Je le sens, sa solitude plus insupportable que jamais
Je peux même sentir son coeur vieillir au fil de ses écrits
Je le sens traînant derrière lui un voile de lourds secrets
Je le sens ce poète qui a peur qu'on ne l'oublie...
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Mercredi 23 décembre 2009
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