S'il subsistait des doutes, Anwar al-Aulaqi les a levés. Dans une interview diffusée mercredi sur Al-Jazira, ce jeune imam extrémiste, qui vit dans les montagnes du Yémen, bénit la tentative d'attentat de Noël contre un avion de la Northwest Airlines. Il affirme qu'Oumar Farouk Abdulmutallab, le kamikaze nigerian, était son « disciple ».
Cet aveu n'est qu'une demi-surprise. Cela fait maintenant des années qu'Aulaqi, 38 ans, est pisté par les renseignements occidentaux.
Anwar el-Aulaqi est né au Nouveau-Mexique, où son père Nasser ¯ qui deviendra ministre de l'Agriculture du Yémen ¯ étudiait l'économie. Après avoir étudié l'islam, Aulaqi junior étudie à son tour aux États-Unis, le génie civil dans le Colorado, puis les sciences de l'éducation en Californie.

À San Diego, la mosquée dont il devient l'imam reçoit Khalid al-Midar et Nawah al-Hazmi, deux des terroristes du 11-Septembre. Début 2001, il s'installe en Virginie. Dans sa nouvelle mosquée, il croise... un troisième pirate de l'air, Hani Hanjour.
Interrogé par le New York Times après les attentats, Aulaqi joue les modérés. Quelques mois plus tard, il s'envole pour Londres puis le Yémen, où il sera détenu un an. À sa sortie, il publie « Quarante-quatre façons de soutenir le jihad » et multiplie les prêches incendiaires.
On sait maintenant qu'il a échangé avec Nidal Hassan, ce psychiatre de l'US Army qui a tué treize soldats, en novembre 2009, sur une base du Texas et inspiré des comploteurs arrêtés à Toronto et Londres. Son talent inquiète : « Aulaqi traduit la philosophie d'Al Qaida en une prose bien écrite, explique Ewan Kohlmann, un spécialiste du contreterrorisme. S'il ne dit pas comment faire une bombe ou utiliser un fusil, il dit qui tuer, et pourquoi. »
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