Un-mannequin-impeccablement-nue-et-huilee.jpgUn mannequin impeccablement nue et huilée, allongée sur un plongeoir de piscine, avec sa petite culotte au bout du pied. L’affiche s’impose dans les couloirs du métro parisien. Alors, porno, la pub ? A en croire le Bureau de vérification de la publicité (BVP), l’organisme logo_bvp-f9186.jpgd’autorégulation de la profession, absolument pas ! « Il n’y a de pornographie dans aucun message public car c’est un délit. C’est un fantasme absurde, affirme son président, Jean-Pierre Teyssier. La pornographie est une scène sexuelle très clairement montrée. On ne voit même pas de baiser dans la publicité ! Mais, bien sûr, pour attirer le regard des passants, elle utilise la personne humaine, homme ou femme : de jolies filles sont plus agréables à regarder. »

 

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La conséquence ? « On s’habitue à utiliser l’autre, le respect n’est plus dû à l’être humain en tant que tel, puisqu’il faut le mériter. » Et la philosophe de dénoncer un retour archaïque à la loi du talion. Elle en veut pour exemple emblématique le soutien des médias à Zinédine Zidane après son coup de tête lors de la finale du Mondial de foot : « L’emballement médiatique a défendu Zidane et valorisé sa position car il avait été offensé. Il y a une surenchère sur le mode : “je te respecte si tu me respectes”. Il n’y a plus de respect intrinsèque, inconditionnel, pour l’être humain. Il y a donc un risque de retour à la barbarie. »

 

L’impudeur, nouvelle norme

 

arenes_2011_02.jpgLa philosophe ne mâche pas ses mots, et elle n’est pas la seule. Jacques Arènes, psychothérapeute spécialiste des adolescents, dénonce une ambiance générale à l’érotisme, dont sont surtout responsables les publicités pour sous-vêtements. « Quand elles fonctionnent sur du second degré, c’est plutôt drôle. Mais elles frisent certaines limites en étant de plus en plus provocantes. Je le vois en thérapie, les femmes aujourd’hui prennent de moins en moins de recul vis-à-vis d’une posture séductrice, qui était autre fois l’apanage des hommes, mais qui utilise les ficelles stéréotypées de la femme fatale. »

 

Femme voiléeUn climat publicitaire qu’il regrette car « c’est une manière d’imposer à beaucoup un modèle exhibitionniste qui n’est pas le leur… D’un côté, nous avons la femme voilée, et de l’autre la femme dévoilée. L’impudeur est devenue la norme, il y a une injonction au dénuement dont nous ne sommes même pas conscients. Nous voyons la violence faite aux femmes voilées, mais nous ne voyons pas qu’imposer le dénuement est aussi une violence et une non-liberté. Pouvoir cacher son intimité est une liberté élémentaire ! L’image provocante de la “nana qui tient les mecs en laisse” est un modèle enfermant pour les femmes ».



Christiane-Delteil.jpgEt Christiane Delteil d’ajouter : « Puisque nous vivons dans une société de l’image, l’Education nationale mais aussi les associations et les parents devraient montrer ce qui est derrière l’image : sa finalité lucrative. Et puis il faut faire parler les jeunes sur leur sexualité : ne pas être moraliste, mais que cela devienne un enjeu de débat public. »

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 09:29
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  • André
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  • 01/01/2008
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  • Je considère que l'on ne s'enrichit que dans nos différences. L'injustice est le mot que je hais. L'amour est le terme que je préfère. Pour le reste, c'est ma vie...

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