Le procureur Jean Claude Marin a requis dix-huit mois de prison avec sursis et 45 000 € d’amende à l’encontre de Dominique de Villepin. (Et la défense demande in extenso la relaxe ou le non-lieu "pur et simple". Contrairement aux deux juges d’instruction, pour qui Villepin est l’instigateur de la machination, le procureur, dans une habile démonstration, a estimé que le prévenu avait sans doute cru Gergorin quand il était venu lui présenter ce vaste réseau de corruption. « Ferré », selon Marin, grâce aux patronymes de Sarkozy sur les listings, Villepin aurait discrètement suivi l’affaire, espérant que celle-ci mettrait définitivement hors-jeu Nicolas Sarkozy.

Mais Villepin se serait retrouvé « piégé », en comprenant que les listings étaient faux. Cette affaire, « c’est le péché d’orgueil d’un homme qui ne veut pas reconnaître qu’il s’est laissé abuser, poursuit le procureur. C’est ce souci de ne pas perdre la face qui va conduire M. de Villepin à s’impliquer de plus en plus dans le processus frauduleux. »

Juridiquement, la complicité (de dénonciation calomnieuse) doit être « active ». Or, il n’existe pas d’éléments tangibles prouvant une participation « consciente et délibérée » de Villepin à la machination, à partir de janvier 2004. En revanche, a expliqué Marin, l’ancien ministre s’est rendu coupable de « complicité par abstention volontaire » : ayant appris en juillet 2004, au plus tard, que les listings étaient faux, il s’entête à demander à la DST des vérifications, sans l’informer de ce qu’il sait. Tout comme il ne demande pas à Jean-Louis Gergorin, qu’il sait être le corbeau, d’arrêter ses envois au juge. « Errare humanum est, perseverare diabolicum » (l’erreur est humaine, persévérer est diabolique), a lancé le procureur.

Mercredi, Luc Brossolet a dénoncé un « réquisitoire de couverture ». « Il fallait justifier la présence de Dominique de Villepin devant vous, a-t-il dit au tribunal. Ce réquisitoire est destiné à couvrir l’institution judiciaire qui a déployé des moyens considérables depuis quatre ans dans une affaire de dénonciation calomnieuse, couvrir celui qui veut être la seule victime de cette affaire (NDLR : Sarkozy). Tout ce dossier porte son empreinte, celle de son désir de prince capricieux. Oui, ce procès est politique. Mais vous n’êtes pas un tribunal politique. Et c’est serein que je vous demande de rendre un non-lieu. »




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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