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L’Hôpital CAROLINE, Histoire d’un site protégé…
Vers 1820, les ports de la Méditerranée doivent faire face à une épidémie de fièvre jaune, maladie peu connue qui risque de paralyser le commerce, notamment celui du Port de Marseille.
Depuis le XVIe siècle, les îles du Frioul sont le cœur de la ceinture sanitaire qui protège la ville. En 19821, l’état ordonne la construction de la Digue Berry, reliant Pommègues à Ratonneau, afin d’inaugurer un nouveau bassin de "quarantaine", le port de Dieudonné. En 1822, un établissement sanitaire est commandé à Michel-Robert Penchaud (1772-1833), architecte de la Ville de Marseille et du Département des Bouches-du-Rhône.
Michel-Robert Penchaud sera le concepteur de l’Hôpital Caroline, inauguré en 1828, nommé Caroline en hommage à Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, princesse des Deux-Siciles, épouse du Duc de Berry. L’Hôpital Caroline peut être considéré comme le chef d’œuvre de Penchaud car il y réalise une synthèse architecturale de plus de mille ans d’histoire de l’architecture, un bâtiment éminemment politique : « un…lazaret universel…un lieu d’asile accessible en temps de paix comme en temps de guerre, en cas de contagion, aux marins de toutes les nations, un établissement religieux, civile et politique à la fois. »
La construction répondait à plusieurs
préoccupations des services sanitaires : nécessité d'avoir un lieu aéré, car on compte sur le vent pour chasser les miasmes de la
maladie à proximité de la mer pour faciliter les communications, et permettre de pomper l'eau dont on a besoin
pour laver les sols, isolement strict, pour la quarantaine, facilité de garde et de
surveillance.
Le projet exécuté à partir de 1823 peut abriter 48 malades et 24 convalescents. Tous sont cantonnés dans des quartiers distincts, isolés entre eux, coupés de l'extérieur par une enceinte.
Au centre du dispositif, la capitainerie est le lieu d'où l'on peut tout voir, se rendre partout. À mi-chemin entre malades et convalescents, la chapelle
visible de tous prend la forme d'un temple grec.
Parties vitrées entre les colonnes, permettant aux malades d'assister aux offices depuis les fenêtres des dortoirs, son podium sert de sas pour entreposer matériel et médicaments nécessaires aux malades.
L'architecture est en parfaite adéquation avec l'usage qui doit en être fait, et les bâtiments construits avec la plus stricte économie.
On trouve donc, partout répété, un module de base à réaliser avec des éléments calibrés, que l'on a pu produire en série.
Les conditions de navigation moderne ont fait rapidement paraître obsolète le nouveau lazaret comme instrument de quarantaine, en même temps que le débat scientifique autour des épidémies faisait évoluer le comportement des médecins envers les malades.
L'hôpital Caroline a surtout servi aux militaires malades de retour d'Afrique, ou de Crimée.
Transformé en 1850 par l'architecte Vaucher, il forme avec le port de Pomègues et celui du Frioul, le complexe du "Lazaret des îles", considéré comme le plus vaste et le meilleur de
Méditerranée.
L'hôpital est utilisé jusqu'en 1941, lors d'une épidémie de typhus dans les prisons.
Il est détruit par les bombardements aériens à la libération de Marseille en août 1944, et abandonné, jusqu'à l'acquisition des îles par la Ville de Marseille en 1971.
Les Nuits de Caroline ont été créées
En 1978, Jean BRIAND fonde l’Association Caroline pour le renouveau et l’animation de l’Hôpital Caroline, qui devient plus tard l’Association Caroline pour le renouveau et l’animation du Lazaret des Îles, afin de sauver le site de l’abandon.
En 1980, l’Hôpital Caroline est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Maintenant sont organisés des chantiers d’insertion professionnelle pour la restauration de patrimoine.
Le projet actuel concerne la reconstruction du pavillon du « Chevalier Roze ». Le Chevalier Roze, de son nom Nicolas Roze (né en 1675 et décédé en 1733 à Marseille) fut un des nobles qui s'était particulièrement distingué en 1720 lors de la peste à Marseille.
Aujourd’hui, l’association poursuit son double objectif d’animation sociale et culturelle : la rénovation et la réhabilitation du site sont assurés par un chantier d’insertion et, en période estivale, par des bénévoles (chantier de jeunes adolescents avec la Fédération Rempart).
L’une des priorités de l’Association Caroline est d’œuvrer à la valorisation du Patrimoine, en organisant des visites commentées du site et des Îles du Frioul, sur le thème de « l’Histoire sanitaire des Îles de Marseille ». Elle est à son initiative en l’an 2000, accompagnées depuis 2002 par des résidences d’artistes (plasticiens, danseurs, musiciens…)
Désormais, le site Caroline sur l’archipel du Frioul est un projet porté par la Ville de Marseille pour faire revivre ce monument historique qui a désormais trouvé sa vocation.
Lieu magique, en plein cœur de la rade de Marseille et du Parc National des Calanques, l'Hôpital Caroline est donc établi sur un terrain d'un
hectare, composé de 11 bâtiments d'une surface totale de 3 500 m².
(Six de ces bâtiments sont en ruine : les conséquences des bombardements des alliés en 1944 ont été aggravées par des conditions environnementales très corrosives.)

Les « convois » touristiques
Trois petits trains touristiques de couleurs blancs et bleus sillonnent certains secteurs de Marseille. Une manière insolite et pleine de charme de découvrir Marseille, du Vieux-Port à Notre Dame de la Garde, en passant par les vieilles ruelles du Panier. En juillet et août, le petit train du Frioul relie le port du Frioul à l'Hôpital Caroline.
Les navettes sur mer relient le port du Frioul à l'Hôpital Caroline.
Au large d'un grand port (Marseille), sur une île éblouie de calcaire et de soleil( l'île du Frioul), Nicolas Perrault, qu'un navire militaire a ramené mourant, de la guerre de Crimée, remonte lentement à la vie. Le roman de Nicole Ciravégna "L'île Blanche" est une belle histoire avec des personnages délicieusement croqués: Guillaume l'infirmier et bien d'autres. Les expressions marseillaises font sourire. L'histoire se déroule dans l'Hôpital Caroline balayé par les vents. Magnifique atmospère décrite par cette romancière au talent certain.Bisous
Chère Hélène,
Une autre fois complémentaire, un zoom d'enrichissement pour cette Ile et son Hôpital Caroline historique décrit dans ses "péripéties" sur le roman précité que je lis et dont la saveur de la littérature est une joie.
Merci de cette contribution laudatrice bien méritée,
Biz. André
Avant l'été ces photos donnent l'eau à la bouche ... Ces eaux turquoises donnent envie de s'y baigner ... Et ce site a l'air magnifique. Chapelle néo-classique, on se croirait en Grèce ... Heureusement que ces monuments n'ont pas été rasés et ont été sauvés
...
!!!! Cordialement
Cet article (réédité et complété) démontre à satiété que je me sens considérablement - habitant Marseille ! - coupable de ne pas y être allé souvent.
Je réparerai cette erreur de base.
Merci, visitez, c'est splendide et quand même l"égèrement occulté - dommage - par la notoriété à proximité du Chateau d'If...
Cordialement, André
Bonjour Elie,
Oui, en effet j'ai implémenter ded nouvelles photos, ce qui me parraissait interessant pour compléter cette beauté de l'Ile du Frioul.
Merci, Bonne journée, André
Je vous confirme Jeanne qu'il y a de magnifiques calanques tout autour de cette île, la plus belle à mes yeux est celle de la Calanque de Saint-estève, où en plus du calcaire, des galets, de l'eau turquoise il y a un banc de sable. Elle se trouve au pied de l'hôpital Caroline Bises
Hélène, Chère Hélène,
"Que ferais-je sans toi" et tes connaissances calibrées comme un "pied à coulisses mathématique".
Merci de cette réponse transversale. André
JE viens d'aller voir l'article moi aussi, c'est magnifique, et l'ensemble architectural paraît très grand, il doit y avoir de belles calanques dans cet île aussi ...
Cela aurait été vraiment dommage de tout détruire...!! Cordialement
Je ne sais pas dans quelle région vous habitez, mais vraiment si c'est un jour vous veniez visiter et/ou séjourner dans cette belle 2eme ville de France, je vous conseille vivement de visiter cette splendeur qu'est l'Hôpital Caroline, en quelque sorte "cannibalisée" par la notoriété du Château d'If.
Cordialement, André
JE viens de lire l'article dont vous parlez Martin. Qu'il aurait été dommage de détruire cette chapelle néo-classique et tous ces bâtiments formant cet hôpital. Magnifiques photos. On sent aussi votre enthousisame André pour ce lieu historique Cordialement
Cher Elie
Ah oui, enthousisate et admiratif respecteusement pour un grand Monsieur Jean Briand...
Merci de cette intervention, André
JE découvre en surfant sur différents de vos articles cher André ce magnifique hôpital dans un cadre prestigieux. Jolies photos et texte bien documenté . J4ai trouvé beaucoup de majesté à ces bâtiments notamment la chapelle. LA quarantaine , et oui c'était le juste prix à payer pour qu'un navire ne vienne pas infester toute une ville.
Heureusement qu'il y a toujours une bonne âme bénévole, dévouée comme ce Monsieur Briand qui consacre sa vie à sauver un monument, un ensemble architectural, ou autre. Ca me donne envie d'y aller quand je passerai à Marseille. Cordialement
Vous ne pouvez pas savoir à quel point votre intervention me fait chaud au coeur. Vous ne pouvez pas savoir....
Bonne journée et merci de votre fidélité, André
Les commentaires des lecteurs sont intéressants car il nous font redécouvrir des articles plus anciens. Belles images , ciel bleu, mer, architecture néo-classique rappelant la Grèce , c'est très beau, un havre de paix certainement sur une île proche du Château d'If ... .Il aurait en effet été fort dommage que tout fut détruit notamment à des fins de projets immobiliers ...! Beau sauvetage. Bonne journée. Cordialement
Je me sens très coupable de n'avoir pas connu cette fantastique histoire du Frioul et de l'Hopital Caroline. Je n'ai qu'une hâte, c'est de rencontrer l'initiateur bénévole (Jean Briand) et sans doute passionnant dès que ce sera possible...Bien à vous, André
Grâce au commentaire de Laure je découvre cet article et cet hôpital dont je ne connaissais pas l'existence. Heureusement que des bénévoles comme ce Monsieur se mobilisent pour sauver NOTRE patrimoine. Cordialement
Hé bien, moi non plus, je ne connaissais pas comme il eut fallu l'Hopital Caroline et son passé. Je n'y avais vécu qu'une soirée de musique... Et pourtant j'habite Marseille !!! Cette reconstruction sous la houlette et les initiatives des membres de l'Association bénévole Caroline et son fondateur Jean Briand, on sait que Marseille n'est pas (seulement) une ville officiellement jumelle avec Chicago !!! Si vous habitez "dans le coin", je vous conseille vivement d'aller sur "place" ! Merci de votre commentaire, et à bientôt ! Cordialement, André
Bonjour, JE découvre cet article sur cet hôpitalà Marseille, cela donne envie d'y aller, cet été quand il fera meilleur ...!
Heureusement qu'il existe des bénévoles comme ce Monsieur Briand pour sauver ce genre de monument, sinon notre patrimoine
aurait été détruit petit à petit. Cela donne envie aussi de retrousser les manches et de se mettre à travailler sur ces vieilles pierres. Cordialement ( petite remarque pratique, le fond noir ne
permet pas de lire l'article dans sa totalité, il en va de même sur certains autres articles d'ailleurs notamment plus anciens) Cordialement
Cette île du Frioul, face à Marseille (où j'habite), est exceptionnellement belle et traverse le temps avec son patrimoine concentré dans l'histoire avec la réhabilitation de cet Hôpital Caroline dans ses structures grace notamment à M. Jean BRIAND. (J'espère le connaitre un jour...pour lui dire "Chapeau Monsieur "). Cordialement, André
Merci pour cet article qui nous fait découvrir un lieu peu connu des non marseillais .
Tout le monde a entendu parler du chateau d'if situé à proximité des iles du frioul qui abritent cet hopital mais ne soupsonnent pas son existence.
J'espère que la restauration pourra avoir lieu et je note ce site à voir pour ma retraite. Bonne soirée
Aleth
La notoriété du Chateau d'If a caché longtemps l'histoire de toutes le ïles du Frioul et oblitéré le travail érudit et particulièrement les initiatives du Président honoraire désormais Monsieur Jean Briand qui a conservé - c'est le cas de le dire - son intelligence, sa culture et son érudition militante pour la sauvegarde des bâtiments et du site de l'Hôpital Caroline. Vivant un grand morceau de ma vie dans cette deuxième Ville de France trainant les images d'Epinal qui déforment ses richesses, je dois avouer très humblement que moi-même, je n'avais asisté qu'à une soirée festive sur le site du Frioul. Mais j'ai redécouvert à nouveau la richesse (cachée) de ce lieu, pas la nuit, mais en plein soleil. Et la révélation. Je ne connais pas - encore - M. Briand, mais j'espère avoir la chance un jour de le rencontrer. Je serais le légat de son savoir historique dans un respect maximum de son propos et de son travail. Des jeunes personnes de toutes les nations "se refont" une santé psychologique et vocationnel au sein de la "réanimation" de l'Hôpital Caroline, avec leurs mains et leur esprit vierge de cette historique révélé.
Chapeau pour M. Jean Briand, "architecte" des souvenirs liés ! André
Mille et mille fois merci André pour cet hommage à ce marseillais Jean BRIAND , celui a sauvé le troisoème ensemble architectural de la destruction puisqu'il devait être rasé. Cet hôpital est classé monument historique pour notre plus grand bonheur .
Beaucoup d'émotions et de souvenirs pour moi ... J'étais présente lors de la venue de Gaston Deferre et Jack Lang venus voir l'état d'avancement des travaux de restauration. La chapelle de style néoclassique donne la dimension spirituelle à ce site. Encore mille et mille merci de faire connaître ce lieu magique cher à de nombreux marseillais à tes nombreux lecteurs.
Marseille (mais probablement sans doute de nombreux autres "coins" de France) révèle des endroits mythiques, historiques et spectaculaires qui ne sont pas mis en relief. Ayant eu un parcours géographique à Marseille, la Lorraine et enfin Paris - sans compter quelques endroits merveilleux dans le monde et pas assez à mon gré - il est important de revenir à ses actuelles implantations - et de faire valoir les images, les personnages, les histoires et les hommes avec leur action souvent bénévoles pour rendre hommage aux hommes et aux choses qui, avec leur expérience, leur savoir vivre avec leur élégance, leur culture et leur abnégation pour appréhender le "plus-produit" que méritent ces endroits par l'effet du temps qui passe, juste à côté de nous en se privant bêtement du leg qui nous est fait.
Il m'était donc important de combler cette lacune s'agisant des ïles du Frioul et spécifiquement l'Hôpital Caroline. Il m'apparait que ta proximité et ton affection pour la culture, le savoir et les initiatives de Monsieur Jean Briand pour t'émouvoir. Cette publication prend son émoi pour le modeste "publicateur" que je suis. On ne peut donner que ce que l'on a, et se suffire de sa satisfaction d'avoir une fidèle lectrice de ce blog. Toi. Bisous. André