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Face-à-face important, mais pas décisif pour la gauche, alors que la droite estime qu’il peut changer la donne, cet unique débat télévisé avant le second tour de
la présidentielle opposera demain sur France 2 les candidats.
Ce débat télévisé entre les impétrants battra des records d’audience à l’approche du verdict. François Hollande a estimé qu’il s’agirait d’un moment « important » mais « pas
décisif ». En revanche, Valérie Pécresse est persuadée que Sarkozy pouvait changer les pronostics en faveur de son concurrent.
L’intérêt pour la campagne a bondi depuis le début du duel du second tour, puisque 70 % des sondés se disent assez ou très intéressés, soit un gain de quatre points en une semaine, selon une enquête IFOP/Fiducial de vendredi.
En 2007, un peu plus de 20 millions de téléspectateurs avaient suivi le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui avait duré plus de deux heures et demie.
Cette fois encore probablement le débat sera long, très long, à l’aune de son importance.
L’émission TV sera retransmise sur les radios et les chaînes d’information continue. Elle sera animée par les journalistes Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2).
Le débat devrait s’ouvrir sur des thèmes économiques, qui apparaissent dans les sondages comme la
principale préoccupation des Français, puis aborder les questions de société, notamment la sécurité et l’immigration. Suivront les sujets de politique étrangère, en particulier la question de la
date du retrait des troupes françaises d’Afghanistan. En avant-goût du débat, M. Hollande a annoncé hier sur Europe 1 qu’il reverrait, s’il était élu, la gratuité de la scolarité dans les lycées
français de l’étranger, en mettant en place « un mécanisme de bourses ».
Il a dénoncé un système « assez choquant » instauré par l’actuel chef de l’État, avec « la gratuité des
inscriptions sans conditions de ressources ». Selon lui, ce système bénéficie notamment aux exilés fiscaux « qui ne paient pas d’impôts en France et en plus bénéficient de la gratuité des cours
». M. Hollande a par ailleurs confirmé qu’il « renégocierait les conventions fiscales » avec les pays accueillant des exilés fiscaux français afin de reprendre « une partie de ce qui aurait dû
être versé » au fisc.
Plainte judiciaire du candidat-président
Par ailleurs, la tension est brûlante car le site d’information Médiapart
a affirmé ce week-end que l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait donné son accord à un financement à hauteur de 50 millions d’euros de la campagne Sarkozy en 2007. Médiapart a appuyé ses
accusations sur une note écrite qui émanerait de l’ancien régime libyen. Hier, M. Sarkozy a annoncé une contre-attaque judiciaire à ces accusations.
« Ce document est un faux grossier, a affirmé M. Sarkozy sur la chaîne France 2, il y a une morale, ceux qui mentent, ceux qui font défaut doivent être condamnés par la justice. » Deux anciens dignitaires du régime Kadhafi, dont les noms sont cités par Médiapart, ont par ailleurs démenti toute implication. Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye qui vit en exil à Doha, serait l’un de ces deux dignitaires et aurait signé le document de sa main. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « faux et usage de faux » et « publication de fausses nouvelles », à la suite de la plainte de M. Sarkozy.
La plainte vise Médiapart, son directeur de la publication
Edwy Plenel, ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske qui ont signé l’article. Edwy Plenel, interviewé, a
déclaré attendre sereinement, presque en le souhaitant, cette plante, déclarant qu’à cette occasion et devant la Justice, « il mettra à la disposition de l’Instruction les éléments
accablants » qu’il dit avoir en mains, ainsi que des témoignages probants.
Un autre média, le magazine français Les Inrockuptibles, s’intéresse également aux relations Sarkozy-Kadhafi. Citant des documents diplomatiques fiables, il assure dans son édition à paraître demain que la libération en 2007 des infirmières bulgares avait eu pour contrepartie un accord « secret » sur le nucléaire.
D’un autre côté, le camp du socialiste François Hollande s’est retrouvé gêné par les polémiques entourant
le retour de Dominique Strauss-Kahn dans l’espace politique et médiatique. Dans des propos rapportés par les journalistes américains, DSK a affirmé vendredi que les accusations de viol portées
contre lui, il y a presque un an à New York, avaient été exploitées par la droite française pour empêcher sa candidature à la présidentielle. Mais surtout, son invitation samedi à la soirée d’anniversaire du député socialiste, Julien Dray, a fait scandale, au motif que
des amis de longue date avaient fêté son anniversaire avec plusieurs responsables de la campagne actuelle de François Hollande.
Ce duel télévisuel sera « chaud » !
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